Cécile Wendling Directrice de la prospective, Groupe AXA

L’économie circulaire, l’économie de demain ?

Depuis les premières heures de la révolution industrielle, le monde a fait le choix d’un modèle économique linéaire : extraire, fabriquer, consommer, jeter. Aujourd’hui, à l’heure de l’épuisement des ressources naturelles et de l’urgence climatique, de nombreux regards se tournent vers l’économie circulaire. Le nôtre aussi.
16 avr. 2018

L’intensité de la consommation des ressources naturelles n’a fait que croître au cours des 150 dernières années. L’augmentation de la population et notamment celle de la classe moyenne mondiale, qui pourrait dépasser 5 milliards de personnes en 2030*, induit une augmentation exponentielle de la consommation qui génère un niveau de pollution tel qu’il menace la santé publique mondiale.

L’économie circulaire promet de répondre à cette problématique. Elle propose un nouveau cadre pour les économies du monde entier, un cadre durable et économiquement viable, permettant de décorréler croissance et utilisation des ressources naturelles.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

L’économie circulaire se pose en opposition au modèle économique linéaire : au modèle « extraire, fabriquer, consommer, jeter », est substitué un système permettant d’utiliser les ressources naturelles aussi longtemps que possible, d’optimiser leur utilisation et de transformer les produits utilisés à la fin de leur cycle de vie.

L’économie circulaire est donc très liée au recyclage, mais pas seulement. Dès la production du produit, il faut penser à l’ensemble de son cycle de vie, voire à ses différentes vies. Un objet peut en effet être utilisé, reconditionné, réutilisé, puis recyclé en un autre objet, qui lui-même pourra suivre le même cycle.

La circularité, c’est aussi penser « service » plutôt que « produit ». L’économie du partage et les modèles collaboratifs contribuent activement à l’économie circulaire en étendant la durée de service des produits et ainsi en maximisant leur exploitation. Selon le cabinet Ernst & Young, un véhicule en autopartage remplacerait entre 9 et 13 véhicules personnels.

Comment AXA pouvons-nous contribuer au développement de l’économie circulaire ?

Si nous ne sommes pas un fabricant industriel de biens de consommation courante, notre métier d’assureur et notre rôle d’acteur financier de taille mondiale nous permettent d’avoir un véritable impact sur la transition économique et énergétique.

Nous avons pour ambition de devenir le partenaire majeur de l’économie collaborative. En 2015, nous avons signé un partenariat mondial avec BlaBlaCar pour assurer l’ensemble des usagers de la plateformes. Depuis, de nombreux partenariats ont suivi, notamment avec Ouicar, Uber et Deliveroo. L’économie circulaire est une opportunité d’assurer de nouvelles activités liées au démontage, reconditionnement et au recyclage des produits, et aussi de penser de nouveaux produits d’assurance favorisant l’économie circulaire.

Notre activité de gestion d’actif est un autre levier important permettant d’agir pour le développement de l’économie circulaire. Nous investissons déjà dans l’économie circulaire depuis 2016 par le biais de nos fonds d’investissement à impact, qui sélectionnent les actifs en fonction de leur rendement financier tout autant que leur impact positif sur la société et sur l’environnement. Nous investissons par exemple dans un fonds dédié à l’économie circulaire, Circularity Capital’s European Growth Fund.

Enfin, nous agissons en interne, avec une politique d’achat responsable promouvant la circularité. Nous travaillons à la réduction de notre empreinte environnementale et en particulier la réduction de nos déchets, notamment les déchets liés au matériel informatique que nous utilisons.

Le soutien à l’économie circulaire est une véritable opportunité d’amorcer une transition globale vers une économie plus durable permettant de concilier croissance et respect de l’environnement.

*OCDE, 2012
Mots-clés: Engagement