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Une nouvelle obligation pour accompagner la transition énergétique

Pour respecter l’Accord de Paris, d’importants investissements sont nécessaires au niveau mondial et sur le long terme dans les technologies à faibles émissions de carbone, notamment les énergies renouvelables, les réseaux intelligents ou encore les véhicules peu polluants. Les obligations vertes ont permis d’attirer des investissements supplémentaires considérables, mais de nombreuses opportunités de « décarbonation » ne sont pas éligibles à ces green bonds. Dans le cadre de la nouvelle stratégie climatique d’AXA, le Groupe lance une « obligation de transition » ou transition bond, nouvel instrument financier destiné à dégager des fonds supplémentaires pour la transition énergétique sobre en carbone. Concevoir l’assurance de demain
27 nov. 2019

Instrument financier relativement nouveau, les obligations vertes ou climatiques visent à financer des projets à forte valeur ajoutée pour le climat ou l’environnement. L’intérêt pour ces obligations est récemment monté en flèche : le marché s’élève désormais à plus de 500 milliards de dollars, les entreprises et les investisseurs s’engageant de plus en plus dans la constitution de portefeuilles diversifiés aux impacts environnementaux positifs.

Cependant, de nouveaux instruments sont aujourd’hui nécessaires pour soutenir les gros utilisateurs de carbone, bien résolus à décarboner mais pas encore assez « verts » pour être éligibles aux green bonds. C’est pour répondre aux besoins de ces acteurs qu'AXA vient de développer le concept de « transition bonds ».

« L’un des aspects de la transition énergétique est le financement de projets verts, qu’AXA soutient aujourd’hui par le biais d’investissements dans des infrastructures, de l’immobilier ou des obligations écologiques », explique Thibaud Escalon, Chef de cabinet du Directeur Groupe des Investissements et ALM. « Toutefois, tout en finançant l’économie verte, nous devons aussi assurer la transition des modèles de développement à forte utilisation de carbone vers des alternatives plus sobres en carbone»

L’ambition : financer la transition énergétique

Même si le monde accélère l’adoption d’une trajectoire sobre en carbone, cela ne suffira pas à satisfaire la demande énergétique globale à court et à moyen terme. C’est là que les transition bonds entrent en jeu. Les green bonds ont des critères d’éligibilité stricts pour déterminer ce qui peut être qualifié de « projet vert ». Les transition bonds permettent de combler l’écart entre les projets « déjà verts », éligibles au financement par des green bonds, et ceux qui ne le sont pas, mais qui permettent néanmoins de grandes avancées vers la réduction du bilan carbone.

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À l’occasion de son « Climate Impact Day », AXA a annoncé le lancement d’une obligation de transition unique en son genre, en partenariat avec le Crédit Agricole CIB. AXA financera entièrement une obligation de 100 millions d’euros dans un placement privé dont le produit sera utilisé pour refinancer des prêts commerciaux existants contractés par le Crédit Agricole CIB. La principale différence par rapport aux obligations conventionnelles est que l’utilisation du produit sera dirigée vers des sociétés industrielles visant à se décarboner ou vers des projets contribuant à la décarbonation.

Que vont financer les transition bonds ?

Dans cette transaction, l’utilisation du produit de l’obligation sera dirigée vers les projets suivants :

  • Production d’électricité : prêts accordés à une compagnie d'électricité d’un pays émergent d'Asie qui dépend actuellement du charbon pour sa production d’énergie. Ces prêts sont destinés au développement de centrales à gaz. Le gaz devrait jouer un rôle de premier plan dans la transition vers une économie sobre en carbone car il permet de s’éloigner des combustibles à forte intensité carbone dans les pays émergents dotés d’un réseau électrique dépendant du pétrole et du charbon, dans un contexte de demande énergétique en croissance constante. L’intensité carbone des centrales à cycle combiné de gaz s’élève aujourd’hui en moyenne à 350 tCO2/kWh, soit 60% de moins qu’une unité de production de charbon moyenne.
  • Transport maritime : prêts accordés à des compagnies de navigation. Le passage du diesel marin lourd à la propulsion au gaz naturel liquide est la solution la plus efficace actuellement disponible pour réduire les émissions des navires commerciaux à gros tonnages. Le transport maritime est actuellement l’une des rares activités où les technologies de transition peuvent être mises en œuvre à grande échelle. En permettant une réduction de 25% des émissions de GES des navires de transport de passagers et de fret, le gaz naturel est important pour la transition du secteur de la marine marchande, en attendant le développement de solutions bas carbone comme les navires à propulsion éolienne, électrique ou à hydrogène.
  • Utilisation efficace des ressources industrielles : prêts accordés à une entreprise industrielle sud-américaine mettant en œuvre des mesures visant à optimiser l'utilisation des ressources, notamment l’accroissement de l’efficacité énergétique et le traitement des eaux usées. Le secteur industriel doit s’efforcer de produire deux fois plus de valeur par unité d’énergie consommée en 2040 par rapport aux niveaux actuels. L'intensité énergétique globale dans le secteur manufacturier pourrait être réduite de 44% d'ici 2040, avec un potentiel d'économies d'énergie de 70% dans les secteurs manufacturiers moins énergivores.

La transparence est fondamentale pour garantir un impact environnemental

L'un des principes des obligations vertes est que les émetteurs doivent être dotés d’un outil de cartographie des fonds investis afin de pouvoir clairement démontrer qu'ils sont utilisés pour des projets verts. Les obligations de transition peuvent fonctionner exactement de la même manière. La transparence est essentielle à cet égard : les investisseurs doivent être régulièrement informés de la manière dont l'argent est utilisé et des résultats environnementaux obtenus.

AXA demandera aux émetteurs de transition bonds de publier régulièrement un certain nombre de renseignements clés, notamment les projets sur lesquels le produit a été affecté. Les émetteurs doivent utiliser des indicateurs, similaires à ceux développés dans les Principes sur les Obligations Vertes, capables de démontrer soit l'impact environnemental des projets financés par des transition bonds, soit la réorientation stratégique de l’entreprise vers un modèle sobre en carbone pour les obligations liées à un indicateur de performance climatique.

Les transition bonds s’inscrivent dans la stratégie climatique globale d’AXA

En tant qu'investisseur responsable, AXA s'est engagé à atteindre de nombreux objectifs climatiques audacieux et ambitieux. Mais le Groupe est aussi un investisseur important et ne peut se contenter d’investir dans des actifs 100% écologiques. Il doit également financer la transition vers le vert.

« Les transition bonds seront un outil très important dans la contribution d’AXA à la lutte contre le changement climatique. Grâce aux transition bonds et à de nombreux autres outils, AXA entend ainsi accompagner les entreprises qui souhaitent s'engager sur la voie de modèles de développement plus durables et plus sobres en carbone », conclut Thibaud Escalon.

La nouvelle stratégie climatique d'AXA ne se limite pas au lancement des transition bonds et comprend également :