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Start-in : comment innover avec 161 000 collaborateurs dans 59 pays ?

Visant à favoriser l'innovation interne et l'intrapreneuriat, ce programme global invite les collaborateurs à imaginer de nouvelles solutions pour relever les challenges de demain. Concevoir l’assurance de demain
9 nov. 2015

Assise au beau milieu d'un vaste open space baigné de lumière, une développeuse, qui doit avoir entre vingt et trente ans, ouvre son ordinateur portable pour taper du code. À côté d'elle, un graphiste finit d'élaborer une interface sur une tablette. Le soleil entre par les fenêtres, l'ambiance est studieuse mais détendue. À quelques mètres de là, des programmeurs s'affairent sur un charmant petit robot bleu et blanc, près d'une porte derrière laquelle une ingénieure et son équipe font voler un petit drone dans une cour.

Une journée classique dans une start-up de la Silicon Valley, n'est-ce pas ?

À ceci près que nous sommes en plein cœur de Paris, à un hackathon organisé par AXA, dans le cadre de Start-in, un grand programme interne d'« innovation participative ». Ici, des centaines d'idées innovantes (pas moins de 815 rien que cette année), visant à faciliter la vie des clients, sont soumises par des milliers d'employés d'AXA provenant du monde entier. Elles sont ensuite examinées par la direction générale et des experts du secteur numérique. Certaines d'entre elles sont sélectionnées afin d'être développées lors de ce hackathon de quatre jours.

Le but ultime ? Défendre ces idées, les mettre en œuvre et les introduire sur le marché, à la disposition des clients, simplement et rapidement, dans le monde entier. Grâce à Start-in, les créateurs de ces outils, ces innovateurs internes baptisés « intrapreneurs », auront l'opportunité de faire passer leur projet du stade d'idée à celui de réalité, idéalement en l'espace d'un an.

L'un de ces intrapreneurs exceptionnels s'appelle Lorenz Hänggi. Plusieurs mois avant l'hackathon, cet homme qui travaille chez AXA Winterthur, en Suisse, a imaginé un outil simple et innovant qui permettrait aux clients de déterminer si des biens personnels spécifiques sont couverts par leur police d'assurance ou non.

Pour la plupart des gens, savoir si telle ou telle chose est couverte n'est pas vraiment une tâche aisée ou intuitive. Cela signifie généralement relire les passages en petits caractères d'une police et/ou passer au crible les clauses détaillées, les exclusions et toutes autres informations juridiquement contraignantes.

L'idée de Lorenz permet d'éviter toute cette démarche fastidieuse. Un jour, il a imaginé une solution plus simple pour que les clients puissent vérifier leurs garanties : il leur suffirait de prendre en photo n'importe quel objet avec leur smartphone via une application dédiée et, grâce à un outil sophistiqué de reconnaissance d'images, ils sauraient immédiatement si l'objet en question est couvert ou non par leur police d'assurance en cas de sinistre.

À l'insu de Lorenz, à seulement quelques centaines de kilomètres de l'autre côté de la frontière, en France, une idée similaire a germé dans l'esprit d'un autre collaborateur d'AXA, Grégoire Doré. L'idée de Grégoire portait davantage sur la création de la police d'assurance en elle-même que sur l'examen des garanties, mais ces deux idées étaient tout de même extrêmement proches.

Grégoire a imaginé une fonctionnalité grâce à laquelle les clients pourraient prendre en photo un bien (par exemple, une voiture, un vélo, etc.) qu'ils souhaiteraient assurer. Ensuite, via une combinaison unique de logiciel de reconnaissance d'images et d'activités actuarielles courantes, une police personnalisée serait créée afin de couvrir ce bien précis.

Il va de soi que ces deux idées ont véritablement séduit les dirigeants d'AXA chargés de sélectionner la meilleure idée à concrétiser. Alors laquelle de ces deux propositions ont-ils choisi de développer ?

C'était une décision difficile à prendre.

Si bien qu'ils ne l'ont pas prise.

Ils ont choisi les deux idées en demandant à Lorenz et Grégoire de travailler ensemble sur un projet Start-in unique qui leur permettrait de développer leurs idées et de concevoir une technologie fiable, à même d'améliorer la vie des clients.

Dans les mois qui ont suivi le lancement du projet, Lorenz et Grégoire ont élaboré un plan concret pour la création de leur produit commun, bien qu'ils ne travaillent pas dans le même pays. Ils ont collaboré sans relâche par téléphone, par e-mail et via différents outils en ligne, allant même jusqu'à choisir le nom de leur projet, AXA Glass, par chat, alors que l'un des deux était en vacances.

Cette approche souple a permis que leur projet soit prêt à temps pour la phase finale : le développement d'un prototype avec le concours de l'agence digitale d'AXA, une organisation interne qui utilise l'approche « Lean Startup », l'UX design, le produit minimum viable, le « growth hacking » et d'autres outils innovants pour créer des produits qui apportent une réelle valeur ajoutée aux clients et les aident à résoudre leurs problèmes.

Une belle réussite, car AXA Glass fut l'un des quatre projets sélectionnés et récompensés au terme de la première édition de Start-in.

Soutenu par la direction générale (Lorenz a reçu son prix directement des mains du PDG d'AXA, Henri de Castries), le programme Start-in vise à encourager l'innovation pour aujourd'hui et pour demain. D'ailleurs, en invitant tous les collaborateurs d'AXA, répartis dans 59 pays à travers le monde, à présenter leurs idées, il favorise un climat de créativité et d'innovation, sans tenir compte du grade des employés, de leur ancienneté ou de leur localisation.

Ceci s'est traduit par la participation de 10 800 personnes issues de 40 pays qui ont proposé, en tout, 354 idées lors de la première édition en 2014.

Pour l'édition de 2015, la participation a connu un bond spectaculaire avec pas moins de 22 136 employés répartis dans 45 pays qui ont proposé quelque 815 idées, un nombre impressionnant qui représente plus du double de la première édition.

Mais ce qui est encore plus important que tous ces chiffres, c'est évidemment la notion de partage de cette initiative, car les employés du monde entier ont maintenant pris l'habitude de faire entendre leur voix, de laisser s'exprimer leur créativité et d'encourager leurs collègues à soumettre leurs propres idées innovantes. Le tout se déroule dans un environnement qui laisse davantage place à la collaboration qu'à la concurrence, et vise à ce que les meilleures idées se concrétisent.

Par exemple, AXA Glass a maintenant entamé sa phase de développement, avec un prototype sur iOS soumis à deux tests utilisateurs - l'un en France et l'autre en Suisse (dont 80 % des personnes interrogées ont affirmé qu'elles seraient prêtes à utiliser l'application immédiatement) - et un lancement prévu en 2016 (revenez consulter cet espace en début d'année prochaine pour obtenir de nouvelles informations à ce sujet).

Pour résumer le tout premier hackathon, Lorenz s'est remémoré l'atelier de prototypage : « c'était formidable… ces quatre groupes travaillant tous ensemble, nous étions si proches que nous avons appris à nous connaître, y compris le groupe qui venait du Japon ». Il est d'ailleurs allé dîner en compagnie de ses collègues japonais chez un membre de l'équipe française qui avait organisé un barbecue improvisé à son domicile parisien.

En outre, grâce à Start-in, cette même équipe japonaise a réussi à créer une application innovante baptisée « Are You OK? » (que l'on pourrait traduire par « Est-ce que tout va bien ? »), un outil conçu pour rassurer les personnes âgées et leurs familles au quotidien.

Elle vient d'être lancée sur le marché japonais et fera l'objet d'un autre article consacré à Start-in disponible ici.