Alexandre Delidais AXA Engineering Lab

La formule magique pour innover ?

Travailler autrement
22 févr. 2017

Inventer tous les jours, tout le temps, c’est la mission de l’AXA Engineering Lab par AXA Tech. Au cœur du campus high tech de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, ses ingénieurs « tout terrain » testent en permanence les innovations d’aujourd’hui et de demain pour aider AXA à réussir sa transformation digitale. Depuis ce véritable carrefour des bouleversements technologiques du monde, son directeur Alexandre Delidais nous donne sa recette pour innover au quotidien.

Si nos bureaux sont envahis par les drones, capteurs, casques de réalité augmentée et toutes sortes d’objets innovants, ce n’est pas (seulement) par plaisir. Ici, à l’AXA Engineering Lab de Lausanne, nous travaillons le software (logiciels) comme le hardware (matériel) pour réaliser nos applications. Le hardware, c’est l’équipement physique, les différents appareils que nous utilisons de plus en plus dans tous nos projets. Il devient présent partout pour prendre des mesures, des photos ou encore réagir à des évènements. Ces objets connectés et les informations qu’ils apportent sont en train de s’imposer, jusqu’à devenir des outils à la fois indispensables pour notre travail au quotidien, mais aussi totalement intégrés aux habitudes de nos clients, et qui permettent de mieux les servir au quotidien. Il y a encore beaucoup d’autres choses que nous regardons, l’intelligence artificielle, l’imagerie, la blockchain, qui sont autant d’outils que nous devons maîtriser et qui nous servent dans nos projets.

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L’assurance touche par définition à tous les domaines de la vie, et il nous faut guetter tout ce qui se fait, partout. Il nous faut savoir comment ça marche, comprendre à quoi ça peut nous servir et en estimer la maturité et les limites d’usage pour AXA. Il y a donc un travail de veille technologique indispensable.

Ensuite, on commande les appareils ou les technos en question pour les tester, les bricoler afin de les adapter aux besoins de nos « clients », les tester à nouveau et les bricoler encore jusqu’à ce qu’on arrive à un outil suffisamment intéressant et fiable pour le présenter au Groupe. Cela représente 20% de notre activité. Le reste du temps nous travaillons pour le métier : les entités d’AXA nous font part d’un besoin précis et font appel à nous pour imaginer une solution à même d’y répondre. Dans ces cas-là, nous capitalisons sur nos recherches existantes et notre savoir-faire pour concevoir de A à Z des applications répondant au plus près au besoin, tout en gardant à l’esprit 4 critères : innovation, réalisme, création de valeur et impact.

L’innovation en action avec l’équipe de l’AXA Tech Lab...
... Focus & Transformed !

Prenons un exemple simple pour illustrer la démarche : vous avez peut-être entendu parler du bouton Amazon Dash, qu’on peut placer où on veut chez soi et qui est relié via le Web à un compte Amazon. De la sorte, simplement en appuyant une fois dessus, on peut commander instantanément un produit ou un panier de produits. Placez-en un près du frigo pour commander vos courses essentielles quand elles s’épuisent, un autre vers la machine à laver pour renouveler votre lessive, un troisième pour votre bureau pour gérer vos fournitures indispensables, etc.

Voilà un produit simple et génial qu’il est inutile de réinventer, mais qu’on peut adapter aux besoins de nos clients. Imaginez comme cela serait simple si, lorsqu’un de vos équipements tombe en panne, il vous suffisait d’appuyer sur ce genre de bouton pour le signaler au service d’assistance de votre assureur qui, de son côté, pourrait aussitôt identifier le bon réparateur, le contacter et vous proposer des horaires de rendez-vous ? Plus besoin de chercher un numéro de téléphone ou un numéro de contrat. Voilà un projet développé ici, dorénavant en test en interne chez AXA. Adapter un tel outil aux besoins de nos clients, en termes de prix, de fiabilité, d’esthétique, de mise en service n’est pas une mince affaire. Tester, comparer, essayer... Chercher, échouer parfois, recommencer si besoin : c’est notre quotidien.

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C’est même, au fond, un autre de nos secrets, à savoir la méthode « test and learn ». En gros, il s’agit de donner à l’équipe le droit à l’erreur. La peur de l’échec peut paralyser les individus, surtout au sein d’une entreprise. Or, si on ne veut pas échouer, on ne peut rien tenter, et si on ne peut rien tenter, on ne peut évidemment pas innover. Pour avancer, le mieux est d’apprendre de nos expériences.

Pour construire et affiner les solutions de demain, d’explorer toutes les possibilités sans jugement préconçu. Bref, de toujours rebondir. C’est la clé qui nous permet en prime d’opérer dans la confiance mutuelle, et donc de profiter au mieux de nos diverses compétences et de notre complémentarité.

Le campus de l’EPFL : 5 universités, 353 laboratoires...
... et près de 15 000 étudiants et collaborateurs

Et puis, nous avons un autre atout dans notre jeu : le lieu même qui nous accueille, un endroit de rêve pour les curieux du monde entier. Depuis la gare de Lausanne en Suisse, filez vers l’ouest de la ville. Au bout d’à peine dix minutes de trajet en voiture, vous apercevrez sur votre droite des bâtiments en forme de serpent, de cubes design ou de canopée : voici l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). 10 000 étudiants, 28 instituts, plus de 350 laboratoires et 112 nationalités (classée l’université la plus internationale au monde en 2015)… Ce campus, présent chaque année dans le top 5 des classements universitaires technologiques européens est premier au classement des universités de moins de 50 ans (THE). Son Innovation Park accueille en outre 160 entreprises dont 120 startups et une vingtaine de cellules R&D de groupes internationaux… Au total, près de 2 000 personnes y travaillent. Quand on mélange autant de parcours, de besoins et d’individus passionnés par l’innovation et la R&D, l’écosystème qui en découle ne peut que favoriser la rencontre, l’échange et le partage. Chaque personne que l’on rencontre ici se consacre à un domaine passionnant, a quelque chose à nous apprendre ou à nous faire découvrir, est curieux des autres, de ce que l’on fait, de nos propres challenges. Ainsi est l’ADN de l’EPFL autant que de celles et ceux qui viennent y travailler, y apprendre ou y enseigner, et c’est dans ce cadre qu’il nous revient d’imaginer, découvrir et tester les innovations qui changeront la vie des clients d’AXA, ou de ses équipes.

La devise d’Alexandre et de l’AXA Engineering Lab de Lausanne : « Ne réinventons pas la roue ! »

On ne peut pas simplement décréter l’innovation. Mais on peut cultiver l’état d’esprit qui la favorise. Quand on est entouré, comme c’est mon cas, d’une dizaine de jeunes gens de tous horizons, pour l’essentiel ingénieurs de formation, on pourrait se dire que le plus dur est fait : l’esprit d’aventure et l’initiative sont leur seconde nature. Mais ça ne suffit pas. Ici à l’AXA Engineering Lab, tout l’enjeu consiste à cultiver ces qualités mais aussi à identifier nos propres freins, voire les manies qui nous guettent et garder la tête froide face au buzz. Dans notre cas, je recommande de se garder de la tentation d’inventer pour le seul plaisir d’inventer, pour l’excitation que cela procure. C’est pourquoi j’ai fait d’une de mes devises, « ne réinventons pas la roue », celle de tout notre labo.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Que pour innover dans une grande entreprise, paradoxalement, il faut résister à l’envie de toujours faire du neuf ou de partir sur des voies qui auraient un impact moins évident. Il est bien plus intéressant -aux deux sens du terme, c’est-à-dire à la fois efficace et passionnant- de guetter ce qui se fait déjà, ce qui s’invente ici ou là et d’améliorer, d’enrichir et de construire sur des bases déjà existantes. C’est en procédant ainsi qu’on peut garder les yeux rivés sur les technologies à la pointe et, avec de la persévérance, trouver LA formule magique qui peut améliorer un système, un service, un produit ou un outil. A la fin, nous ne sommes pas un labo de recherche, nous sommes là pour résoudre des problèmes avec pragmatisme, pour participer à la transformation d’AXA et au maintien de son leadership. Dans une approche plutôt bottom-up, nous contribuons à l’amélioration de la connaissance collective dans la prise en compte des nouvelles technologies et des nouveaux usages.

L'imagerie par drones
L'un des projets du AXA Engineering Lab

Ici, tout est organisé depuis des décennies pour faire se rencontrer, se comprendre et s’épauler les énergies qui s’y concentrent. Une simple rencontre, inattendue, à la cantine, peut nous tirer d’une impasse dans laquelle on se croyait englué. C’est en prenant l’air à l’extérieur, au détour d’un chemin sur le campus, qu’on fait connaissance avec Pix4D, une start-up qui développe un logiciel pour la génération automatique de cartographie numérique en 3 dimensions à partir d’images prises par des drones. Ils étaient en plein test en extérieur, un moyen rapide et convivial pour comprendre leur solution et découvrir qu’ils sont pionniers dans leur domaine (à l’époque, AXA nous avait demandé de réfléchir, précisément, à l’utilisation de ces appareils, notamment pour l’expertise de sinistre).

Certains futurs collaborateurs ou partenaires viennent parfois directement frapper à notre porte, comme Alexander Petric, un petit prodige de la cryptographie, Suisse-Allemand et ancien étudiant de l’EPFL. Il venait tout juste de rejoindre une startup fondée par l’un de ses anciens professeurs, la société Inpher.io, dont la technologie permet d’effectuer des recherches en temps réel sur des données chiffrées, sans nécessiter de les décrypter préalablement. Ça n’a peut-être l’air de rien vu comme ça, mais une telle innovation représente un enjeu majeur pour une entreprise comme la nôtre, qui cherche à utiliser les données qu’elle collecte tout en garantissant leur confidentialité. C’est un système gagnant-gagnant : nous, on peut se frotter tout de suite au concret. Eux peuvent mettre leur service à disposition d’un client potentiel d’envergure internationale et expérimenter leurs idées sur des cas pratiques et des besoins réels de l’industrie.

L’équipe ! De gauche à droite : Kawtar Ahaggach, Ruben Alvarado, Malik Bougacha, Tayebeh Razmi...
David Ramahefason, Patrick Jayet, Thomas Zygadlewicz, et Alexandre Delidais !

Avoir en permanence les oreilles et les yeux grands ouverts, devoir être, pour son job, toujours prêt à la rencontre, à la discussion, à l’expérimentation, à la découverte, c’est une chance inouïe. Et croyez-moi : si vous êtes curieux de tout, assoiffé de futur et de technologie, venez donc faire un tour à Lausanne un de ces jours, vous balader avec nous dans le splendide campus de l’EPFL. Je n’aime pas trop faire des promesses, mais je crois pouvoir tenir celle-ci, en assurant à l’enfant qui est en vous qu’il y trouvera, à coup sûr, le plaisir d’écarquiller les yeux à chaque détour de ce temple moderne où s’élabore, dans la coopération privée, publique, régionale et internationale, le monde de demain.

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