Gianpiero Cognoli Reporter

Partager la route d'Aix à Zagreb (Episode 3)

Sept pays en sept jours : de Ljubljana à Zagreb Explorer de nouvelles façons de vivre
3 févr. 2016

En collaboration avec le service de covoiturage BlaBlaCar, AXA a mis au défi un journaliste de traverser 7 pays en 7 jours en utilisant les services de l’économie du partage. Voici la troisième partie de son reportage.

6e JOURNÉE : SLOVÉNIE - LJUBLJANA (BlaBlaCar)

Nous y voilà. Mon dernier trajet BlaBlaCar. De Ljubljana à Zagreb, avec Davor et sa petite amie. Je n’arrive pas à y croire, j’ai réalisé 1902 kilomètres en 7 jours à travers 7 pays, presque exclusivement via les plateformes d’économie de confiance (je suis entré en Slovénie par train pour ceux qui essayent de me suivre).

Alors que nous approchons de la frontière croate et que la tension monte – la frontière est souvent fermée à cause de la crise européenne des migrants – la discussion rebondit sur les questions de confiance, de sécurité en voiture et d’assurance.

J’ai réfléchi à la manière dont très souvent, au cours de ce voyage, la plupart des personnes, qu’elles soient hôtes ou utilisateurs, se sont montrées passionnées dès que le sujet de l’assurance était abordé. Elles ont évoqué les difficultés rencontrées avec les réclamations, comment elles ont découvert qu’elles étaient assurées alors qu’elles pensaient ne pas l’être (économisant ainsi beaucoup d’argent) ; ou combien la garantie semblait parfois complexe.

Une chose semble se vérifier systématiquement. Plus une personne reste longtemps avec une compagnie d’assurance spécifique pour la maison, la voiture, etc., plus elle semble heureuse. C’est presque une question de fidélité et de confiance construites uniquement au fil du temps, comme une amitié.

Conclusion #7 : la confiance ne peut se mesurer qu’en mois et en années.

L’économie de confiance en est un parfait exemple : la « précision » d’un profil s’accroît avec le temps, ne révélant le degré « réel » de confiance qu’au bout d’un certain temps. Une personne inscrite sur une plateforme depuis 2011 avec 82 commentaires 5 étoiles est implicitement plus digne de confiance qu’une autre personne inscrite en juin dernier et ayant trois commentaires 5 étoiles, même si les deux ont exactement la même note.

L’assurance peut accélérer et accorder cette confiance, permettant aux gens de prendre des risques et d’essayer de nouveaux services, de nouveaux prestataires de service, et en effet de nouveaux types d’échanges économiques. Toutefois, dans cette « troisième révolution industrielle » (c’est ainsi que l’économiste américain et gourou des tendances, Jeremy Rifkin, appelle l’économie du partage) au rythme incroyablement effréné, l’avantage dont profite le premier arrivé est plus important que jamais, et les assureurs et les plateformes de partage doivent collaborer étroitement.

AXA et BlaBlaCar sont en bonne voie grâce à leur partenariat (pour l’instant limité à la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne). L’économie de confiance est bien plus importante que l’économie du voyage, et nous n’en sommes qu’au début de la courbe d’opportunité, à la fois pour les utilisateurs et les prestataires de services. Pour les assurances, les possibilités sont infinies : elles sont nécessaires pour que l’économie de confiance elle-même puisse croître.

7e JOURNÉE : CROATIE - ZAGREB (Airbnb)

Le dernier jour, au moment de quitter Zagreb, Bruno, mon hôte Airbnb, a eu la gentillesse de me trouver un conducteur pour l’aéroport, en la personne d’un de ses amis qui transporte régulièrement des voyageurs en ville. C’est une transaction classique de personne à personne, issue exclusivement du bouche à oreille. Puisque j’ai passé un excellent séjour chez Bruno et que je lui fais confiance, j’ai immédiatement confiance en son ami.

Conclusion #8 : la confiance se bâtit par association.

Si dans le monde réel, il existe une confiance implicite basée sur les recommandations (par ex., je te fais confiance parce que j’ai confiance en la personne qui te recommande), en ligne, les recommandations peuvent également servir à construire et mesurer la confiance, en développant davantage encore le concept de « regroupement de confiance ».

Et pour aller encore plus loin, il pourrait être lié à l’assurance en utilisant une sorte de « confiance de recommandation » combinée (basée sur un regroupement de recommandations, et non d’évaluations, fournies par les utilisateurs) ; elle pourrait contribuer à définir des niveaux de prime et des garanties, transformant efficacement un « bouche à oreille » subjectif en un outil objectif.

Je laisse la réflexion aux actuaires.

PAYS BONUS : SERBIE - BELGRADE

Et le septième jour… je suis parvenu à traverser un huitième pays.

Il est apparu, comme surgi de nulle part, alors que le vol JU0231 en provenance de Zagreb, perçait les nuages au-dessus de l’aéroport Nikola Tesla de Belgrade.

Je devais faire une brève escale avant de rentrer chez moi. Mais au lieu de penser au délicieux čevapi grillé que j’allais m’offrir pour le déjeuner à Skadarlija (un quartier typique et branché de Belgrade), je réfléchissais à la manière dont le modèle de l’économie de confiance, malgré son manque de maturité, allait s’emparer de nombreux secteurs de l’économie.

Après des décennies d’expansionnisme qui s’est transformé en une menace évidente pour nos ressources, le climat et le bien-être économique, nous nous tournons désormais vers les autres pour optimiser le temps et les ressources, rencontrer des étrangers et par la même briser des barrières. Plus cette tendance se confirmera, plus nous aurons besoin d’agréger les différents concepts, plateformes et marques de partage.

Le mouvement a commencé avec des compagnies telles que Peers et Ouishare, qui se consacrent toutes les deux à rapprocher les organisations de l’économie de confiance, les prestataires et les utilisateurs de manière nouvelle, sous un même toit. Puis il y a Trustman, et le service de « réputation en ligne », Peeple, qui sera bientôt lancé et qui n’a pas fini de faire parler de lui. Alors que j’écris ces mots, deux services de partage ayant peu de choses en commun, VizEat et Airbnb, viennent d’annoncer un partenariat visant à inciter les personnes pratiquant le partage dans le monde entier à participer à l’événement Airbnb Open de cette année.

L’assurance n’est pas à l’abri de ce changement ; bien au contraire, elle devrait montrer le chemin. Elle peut assurer les immenses changements inhérents à cette manière de voyager, manger et vivre, en distribuant les risques inévitables et les « soucis de jeunesse » de ce nouveau type d’échange économique, facilitant ainsi le partage.

À l’image de la couverture gratuite offerte par AXA sur mon trajet BlaBlaCar vers Marseille. Première garantie de ce genre offerte par un grand acteur mondial de l’assurance, AXA, et un trublion du partage, BlaBlaCar, elle rapproche deux compagnies au sommet de leur secteur respectif afin d’offrir une vision brillante de l’avenir de l’économie de confiance.

En proposant cette couverture innovante pour les utilisateurs, AXA et BlaBlaCar se font pionniers. Ils nous montrent comment une grande entreprise employant plus de 160 000 personnes peut collaborer avec succès avec une quasi start-up d’environ 300 personnes.

Lors d’une interview, autant Grégoire Mouton (de BlaBlaCar) qu’Agnès Moreau, Responsable de la prospection commerciale et des partenariats numériques du groupe AXA, ont affirmé plus ou moins la même chose : « nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, tous les jours ». Et malgré la différence de taille entre les deux entreprises, elles réussissent à « très bien collaborer, avec une facilité étonnante ».

Voilà ce qui arrive quand les gens se mettent à partager, que ce soit une expérience, un trajet en voiture ou un repas.

Cela me rappelle la manière dont le film primé de Sean Penn, « Into The Wild » se termine sur les derniers mots du voyageur de l’extrême, le solitaire Chris McCandless :

« Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé ».