Gianpiero Cognoli Reporter

Partager la route d'Aix à Zagreb (Episode 2)

Sept pays en sept jours : de Milan à Innsbruck Explorer de nouvelles façons de vivre
10 déc. 2015

En collaboration avec le service de covoiturage BlaBlaCar, AXA a mis au défi un journaliste de traverser 7 pays en 7 jours en utilisant les services de l’économie du partage. Voici la deuxième partie de son reportage.

3e JOURNÉE : SUISSE - LUGANO (Airbnb, BlaBlaCar, Uber)

J’étais prêt à quitter Milan, mais pas avant d’essayer une application populaire, Uber. J’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises, mais j’ai fini par obtenir une voiture UberBlack, et ma discussion avec le chauffeur s’est rapidement engagée autour de la présence, souvent controversée, d’Uber dans le monde (le service standard UberX a récemment été interdit à Milan à cause du puissant lobby des chauffeurs de taxi italiens), et de la baisse des véhicules de transport disponibles à Milan qui a suivi. Ce qui me mène à la..

Conclusion #4 : vous ne pouvez pas garantir la disponibilité.

Vraiment ? Personnellement, j’apprécierais une assurance qui me protègerait au cas où je ne pourrais PAS accéder à un service partagé (par ex. un rendez-vous manqué, etc.) Peut-être une cotisation mensuelle qui m’offrirait une sorte de remboursement ou de crédit si je ne suis PAS capable de trouver une voiture ou une chambre à temps. Un vœu pieux ? Probablement. Impossible ? Probablement pas.

Après le déjeuner, je suis parti pour la Suisse par BlaBlaCar, avec Luca et Patrick, pour un trajet comprenant deux arrêts inattendus : 1. déposer Patrick loin de l’autoroute et 2. me déposer à un appartement Airbnb à Lugano. Ces arrêts, pas vraiment prévus dans la transaction passée sur BlaBlaCar, ont ajouté plusieurs kilomètres à notre voyage et augmenté les coûts de Luca.

Conclusion #5 : lorsqu’il s’agit d’assurer l’économie de confiance, le suivi et la flexibilité des utilisateurs sont indispensables.

Depuis 2008, les formules d’assurance basées sur l’usage (pay-as-you-drive ou assurance auto au kilomètre, et pay-how-you-drive, ou payez en fonction de votre conduite) semblent être une solution pour les assureurs automobiles qui souhaitent proposer une garantie personnalisée en fonction du comportement de l’assuré. Dans certains cas, ces formules entraînent une baisse des primes. Les mêmes principes pourraient s’appliquer au covoiturage avec quelques avantages supplémentaires surprenants.

Selon Grégoire Mouton, Responsable de la prospection commerciale chez BlaBlaCar, la compagnie de covoiturage analyse les effets positifs du service sur le comportement de ses membres – pour leur propre police d’assurance. Grégoire soutient que « quand vous pratiquez le covoiturage, vous conduisez mieux car vous pensez aux personnes qui sont avec vous dans la voiture. » Ainsi, l’accélérateur, les freins et la direction sont utilisés avec moins d’à-coups, d’où une conduite plus douce et écologique, et surtout, plus sure.

Ce comportement devrait avoir un impact positif sur le dossier conducteur du membre, et par conséquent sur sa prime d’assurance. Et il crée une situation unique : les services de l’économie de confiance et le secteur de l’assurance peuvent œuvrer pour encourager un changement positif des comportements de l’utilisateur susceptible de profiter à tout le monde, plutôt que simplement utiliser des comportements positifs pour offrir une plus-value réservée à un seul utilisateur (comme le fait l’assurance basée sur l’usage).

4e JOURNÉE : LIECHTENSTEIN - VADUZ ET TRIESENBERG (Couchsurfing.com, Villas.com)

À mi-chemin de mon voyage, les choses ont vraiment commencé à aller de travers. Je souhaitais essayer la célèbre plateforme Couchsurfing.com, aussi j’avais contacté une dizaine de personnes au Liechtenstein (oui, le Liechtenstein. Comment autrement, aurais-je pu traverser 7 pays en 7 jours ?)

J’ai reçu un total de 0 réponse. Nichts (rien). (La langue officielle du Liechtenstein est l’allemand).

Je me suis donc retrouvé sur la route sans savoir où dormir. Je ne voulais surtout pas passer une nuit dans un hôtel aussi cher que le PIB d’un petit pays, et comme je suis assez doué (cela ne me sert à rien d’habitude) pour effectuer des recherches aléatoires sur Internet, j’ai trouvé Villas.com. Vous ne connaissez pas ? Moi non plus. Mais on m’a proposé un partage très courtois à Triesenberg, tout près de Vaduz, la capitale.

Que dire d’autre d’un pays comme le Liechtenstein ?

Population totale : 36 000 habitants.

5e JOURNÉE : AUTRICHE - FELDKIRCH ET INNSBRUCK (Wimdu.com, Booking.com, BlaBlaCar)

Les choses se sont encore compliquées. Non seulement j’étais coincé dans une montagne du Liechtenstein, mais aucune voiture ne pouvait me conduire en Autriche le jour suivant, j’étais à près de 1000 km de Zagreb, et j’avais moins de deux jours pour y parvenir.

Puis je l’ai vue.

La fonctionnalité « Toutes destinations » de l’application IOS BlaBlaCar.

Vous indiquez une ville de départ puis vous cliquez sur le bouton « Toutes destinations » pour visualiser les trajets BlaBlaCar disponibles autour de vous, ainsi que leur destination. Je savais déjà qu’aucune voiture ne se dirigeait vers Vienne ou Graz, ou toute autre ville autrichienne comprise dans mon itinéraire d’origine. Mais il y avait cette proposition : Feldkirch-Innsbruck, partant à 14h45.

À Feldkirch, une petite ville autrichienne à la frontière du Liechtenstein, je rencontrais Maria, Katharina et Jasper, mes sympathiques compagnons BlaBlaCar jusqu’à Innsbruck. Je reportais au lendemain l’organisation de mon trajet vers Ljubljana et Zagreb car j’étais un peu fatigué de jouer le rôle de mon propre assistant de voyage stressé.

Conclusion #6 : regrouper la confiance est le prochain grand défi. Il pourrait mener à des services de partage regroupés et au final, au regroupement des assurances : regrouper la confiance est le prochain grand défi. Il pourrait mener à des services de partage regroupés et au final, au regroupement des assurances.

Après avoir rencontré autant d’utilisateurs, sur autant de plateformes de l’économie de confiance, en si peu de temps, j’ai pris conscience d’une chose : et si chacun possédait son propre profil de confiance personnel sur une plateforme unique, puis utilisait sa propre assurance pour tous les services d’économie du partage basés sur ce niveau de confiance au sein de la plateforme ?

Il s’avère que je ne suis pas seul à le penser. De retour de mon voyage, j’ai découvert qu’un gentleman s’appelant Frédéric Mazzella avait déjà entamé cette même conversation sur une plateforme qui regrouperait la confiance, et comment elle pourrait se répercuter sur l’avenir de nos économies. Il l’a même baptisée du nom d’un super héros, « un super héros que nous pouvons tous choisir d’être » si nous voulons développer la confiance dans nos communautés en ligne et dans la vie de tous les jours : « Trustman ».

D’accord, peut-être que le nom aurait besoin d’être un peu modifié. Mais regrouper la confiance et éventuellement les assurances pourraient bien être l’avenir : les services du partage se développent et engendrent un besoin de confiance, autant de la part des demandeurs que des fournisseurs.

Ai-je précisé le métier de ce M. Mazzella (je l’ai découvert une fois rentré chez moi) ?

Il est l’un des fondateurs à l’origine de BlaBlaCar.