Rapport climat d'AXA 2020 : « Ce qui ne se mesure pas ne se pilote pas »

A l’occasion de la publication du 4e Rapport Climat d’AXA, Ulrike Decoene, Directrice de la marque, de la communication et de la responsabilité d’entreprise du Groupe, explique l’importance de ce rapport dans la stratégie d’AXA pour lutter contre le changement climatique. TOUS LES ARTICLES  |  Engagement
3 juil. 2020

Pourquoi publier un rapport sur le climat ?

Ce qui ne se mesure pas ne se pilote pas. Ce rapport est donc essentiel si nous voulons évaluer l’impact de notre stratégie de lutte contre le changement climatique et avoir un dialogue constructif avec toutes nos parties prenantes sur le sujet. Il présente nos avancées stratégiques en matière d’assurance et d’investissement, mais aussi dans nos activités connexes, tels que les travaux du Fonds AXA pour la Recherche ou les partenariats. Il offre également un éclairage sur le contexte dans lequel nous évoluons, notamment réglementaire, car c’est un environnement très changeant.

Comment est-il conçu ?

C’est le fruit d’un travail collectif qui mobilise les experts internes d’AXA pendant plusieurs mois. De nombreuses équipes y contribuent sous la coordination de l’équipe de la Responsabilité d’Entreprise du Groupe, notamment la direction des investissements et de la gestion des risques, les affaires publiques, notre filiale de gestion d’actifs AXA IM ou encore AXA XL, notre filiale « grands risques ».

Pour le rédiger, nous avons recours aux exigences règlementaires françaises, « l’article 173 », et au cadre établi par la « Taskforce on Climate-Related Financial Disclosures » dont nous sommes membre. Nous utilisons aussi des techniques innovantes, comme le calcul du « potentiel de réchauffement » des investissements. Il mesure l’impact de nos investissements sur le climat en se basant sur un modèle créé par une Fintech Suisse, Carbon Delta, récemment acquise par MSCI. Ce modèle analyse l’écart entre les engagements de la COP21 et le budget carbone, c’est-à-dire le quota d’émission de CO2 permettant de maintenir le cap des 1,5°C exigé par l’Accord de Paris, ainsi que le « mix business » des entreprises.

Ces méthodologies sont-elles fiables ?

Nous travaillons sur des indicateurs qui n’existaient pas il y a 3 ans. Leur amélioration continue fait partie de la révolution de l’engagement des entreprises autour du climat. Ils doivent évoluer, intégrer de nouveaux facteurs, au risque de devenir très vite obsolètes. Il persiste une grande hétérogénéité dans les méthodes de calcul de ce type. Quand on regarde les rapports climats des autres entreprises, il est difficile de comparer les données. Il nous faut des référentiels et des métriques communs à terme.

C’est notamment pour cela que nous avons rejoint la « Net Zero Asset Owner Alliance », un groupe international d'investisseurs qui se sont engagés à assurer la transition de leurs portefeuilles vers une neutralité carbone d’ici 2050. A travers son action, nous avons émis des principes afin d’encourager la convergence des méthodologies pour travailler sur des ambitions communes et faire progresser la cause climatique.

Que faut-il retenir du Rapport Climat 2020 d’AXA ?

Le fait le plus important est que notre stratégie porte ses fruits. Fin 2019, le « potentiel de réchauffement » des investissements d’AXA s’élevait à 2,8°C, en légère baisse par rapport à 2018, 3°C, et surtout bien en deçà de la moyenne du marché 3,6°C. L’empreinte carbone de nos investissements baisse également de 31% entre 2014 et 2019. Même s’il reste énormément à faire, ce sont des signaux encourageants.

Par ailleurs, dans cette édition, nous développons davantage l’impact et la dimension climatique de nos activités d’assurance. On aborde la modélisation des risques, nos réponses assurantielles avec les solutions d’AXA XL, AXA Climate et nos travaux sur la prévention des catastrophes naturelles, ainsi que l’évolution des régulations qui sont au cours au niveau de l’Union Européenne.

Le contexte actuel - une crise économique succédant à une crise sanitaire - vient-il remettre en question le "volontarisme climatique" d’AXA ?

Cette crise n'entame en rien nos convictions climatiques. Bien au contraire, elle les a renforcées. Nous sommes persuadés qu’une relance verte est nécessaire à une relance réellement durable. C’est la raison pour laquelle Thomas Buberl, le directeur général d'AXA, a pris les rênes d’un groupe de travail lié au Forum Economique Mondial (Davos) dont l’objectif est d’aider à financer le "Green Deal" européen, lancé juste avant le début de la crise. Nous proposons également d’utiliser les indicateurs climatiques explorés dans notre rapport pour réorienter les flux de financement vers les modèles bas-carbone dont nous avons besoin à présent. Ce sujet est abordé dès l’ouverture du rapport par Alban de Mailly Nesle, le directeur des risques et des investissements d’AXA.

 

 

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