Eric Chaney AXA's Group Chief Economist

Could the ECB Boost the Growth?

Eric Chaney, Group Chief Economist at AXA, talks about the ECB policy and its potential consequences (in French) ALL NEWS  |  Finance & Strategy
Jan 20, 2015

Pourquoi la Banque Centrale Européenne veut-elle acheter des actifs?

Pour renverser la courbe descendante de l'inflation, il faut créer de la monnaie. Exactement l'opposé d'une situation inflationniste où il faut réduire la liquidité. Pour stimuler la création monétaire, la BCE a déjà baissé ses taux d'intérêt à zéro: cette voie-là est donc fermée et il ne lui reste plus qu'à créer de la monnaie elle-même, en achetant des actifs financiers en grande quantité. Comme les obligations d'état forment la plus vaste et la plus liquide catégorie d'actifs achetables, la BCE devra bien les inclure dans son programme pour que celui-ci ait une taille suffisante.

La BCE va-t-elle acheter des obligations de tous les pays et pour quel montant?

La BCE devrait d'abord élargir ses achats aux obligations d'entreprises et, pourquoi pas, aux actions. Comme cela ne suffira pas, elle devra inclure les dettes des états et devra le faire d'une façon proportionnelle à la taille des pays de la zone euro. Une taille de 500 millions de dollars dans un premier temps me parait être le minimum nécessaire pour que cette politique soit crédible, mais, comme la tendance déflationniste est déjà bien ancrée dans nos économies, je pense qu'il faudra revoir à la hausse, voire doubler le programme dans un second temps.

La politique de la BCE va-elle faire baisser l'euro?

L'euro s'est déjà déprécié de 6% contre toutes devises depuis décembre, à cause de la montée du dollar mais aussi de celle du franc suisse. L'euro devrait continuer à se déprécier contre le dollar en particulier et une parité entre les deux devises est possible dès cette année. Mais attention, les changes sont influencés par d'innombrables facteurs, la politique de la Réserve Fédérale américaine n'étant pas le moindre, et ce serait risqué de croire, par exemple, que la parité sera atteinte à coup sûr.

Cela suffira-t-il pour relancer la croissance?

Au moins, cela devrait y contribuer en faisant baisser l'euro et en poussant les épargnants à prendre plus de risques pour financer l'économie. Comme, de plus, la baisse du prix du pétrole est l'équivalent d'une stimulation budgétaire, la croissance devrait s'accélérer en cours d'année. Mais je crois qu'il faut voir les choses sous un autre angle: si la BCE ne parvenait pas à empêcher la zone euro de s'enfoncer dans la déflation, son existence même serait menacée. Comme certains pays sont lourdement endettés, l'Italie, l'Espagne et la France par exemple, la déflation menacerait leur solvabilité et engendrerait des tensions politiques graves avec les pays moins endettés. Les institutions du Japon n'ont jamais été menacées par la déflation, mais il en irait différemment pour la zone euro.