Présentation des résultats semestriels 2004

Transcription de la conférence de presse du 6 août 2004

Ont participé à la conférence de presse :

  • Henri de CASTRIES, président du directoire ;
  • Claude BRUNET, membre du directoire, directeur général en charge des activités transversales, de la communication et des ressources humaines ;
  • François PIERSON, membre du directoire, président d'AXA France, responsable des activités grands risques, de l'assistance et d'AXA Canada ;
  • Denis DUVERNE, membre du directoire, directeur général finance, contrôle et stratégie.

I. Notre stratégie porte ses fruits

1. Présentation générale

Henri de CASTRIES

L'environnement de notre activité s'est révélé quelque peu contrasté sur le premier semestre. En effet, si l'évolution de la sinistralité a été favorable sur le segment de l'assurance dommages, l'environnement pour le segment Vie et la gestion d'actifs a été plus nuancé. Ce contraste s'explique notamment par la dégradation des marchés actions. L'évolution des taux d'intérêt s'est en revanche traduite par une hausse, ce qui est pour nous très appréciable.

2. Principaux résultats

a. Le chiffre d'affaires

Au sein de cet environnement, les résultats du Groupe AXA témoignent d'une très bonne solidité.

Le chiffre d'affaires enregistre en effet une croissance de 2,4 % à taux de change constants. Exprimée en euros courants, cette évolution est quasi-nulle, puisque nous sommes une fois de plus pénalisés par l'affaiblissement de la valeur du dollar. Néanmoins, il est important, à long terme, de considérer la croissance du Groupe à taux de change constants.

Cette croissance est sensiblement plus importante en dommages par rapport au segment vie. En ce qui concerne le segment dommages, comme vous pourrez le constater, nous affichons une croissance forte qui s'accompagne de gains de parts de marché et de profitabilité. Sur le segment vie, nous pensons pouvoir obtenir de meilleurs résultats sur le second semestre. Il convient tout de même de souligner que les marges se sont sensiblement accrues, ce dont nous vous présenterons l'explication.

b. Les résultats

Le résultat opérationnel enregistre une progression extrêmement importante de 37 % à taux de change constant, cette progression provenant de l'ensemble des activités du Groupe.

Par ailleurs, le résultat courant et le résultat net connaissent également une croissance particulièrement forte au regard de l'exercice précédent, avec respectivement une variation à taux de change constants de 355 % et 621 %.

Ces variations s'expliquent par les provisions pour dépréciation durables qui avaient été passées l'année dernière et qu'il a été inutile de reconduire cette année en raison de la stabilisation des marchés. Des provisions ont tout de même été passées, mais pour des montants nettement inférieurs aux plus-values que nous dégageons de la gestion de nos portefeuilles. Progressivement, nous retrouvons donc une configuration presque normale en termes de profitabilité.

c. La productivité

Les indicateurs clés, qui donnent une idée de la qualité des résultats dans ce domaine sont très bons, avec notamment une hausse de 21 % à taux de change constants pour la contribution des affaires nouvelles sur le segment Vie. La croissance du chiffre d'affaires total sur ce segment étant de 1,6 %, cette hausse de 21 % témoigne d'une nette amélioration des marges.

L'augmentation des marges sur les affaires nouvelles est ainsi en hausse de 2,1 points par rapport à l'exercice précédent.

Enfin, le ratio combiné en dommages se situe à 99,4 %, soit une progression de 2,3 points par rapport à l'année dernière. Comme vous le savez, notre objectif est de maintenir ce taux entre 98 % et 102 %. En outre, le niveau de nos réserves est encore plus confortable qu'il ne l'était à la clôture de l'exercice précédent.

d. Evolution sur plusieurs exercices

Depuis 2001, c'est-à-dire depuis le début de la crise, nous sommes parvenus à augmenter en moyenne nos résultats semestriels de 18 % par an. Notre modèle opérationnel est donc particulièrement efficace. En outre, cette progression signifie que face à une situation dégradée sur les marchés, nous sommes moins sensibles en comparaison de ce que pensent certains observateurs extérieurs.

3. Diversification géographique

Le Groupe AXA se caractérise par un métier exercé sur un nombre significatif de territoires où il détient des parts de marché importantes. Le profil de risque de notre Groupe est donc particulièrement sain et solide, à l'instar de ce que démontre l'évolution des résultats des entités que nous avons acquises récemment, notamment au Japon, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Belgique.

Cette accélération opérationnelle significative est le fruit des efforts que nous y consacrons depuis plusieurs exercices. En outre, les performances des grands contributeurs traditionnels demeurent tout à fait remarquables, malgré la baisse des marchés actions depuis l'année 2000. Ainsi, pour AXA France les résultats du premier semestre de l'exercice 2004 sont par exemple supérieurs à ceux qui avaient été enregistrés sur la totalité de l'exercice 2000, soit 411 millions d'euros contre 325 millions d'euros.

Par ailleurs, en termes de profil de risques, je rappelle qu'en 2000, trois pays représentaient 78 % des résultats, c'est-à-dire la France, la Belgique et les Etats-Unis. Aujourd'hui, ces 78 % du résultat sont générés par 13 pays. Cette diversification signifie que notre profil de risques est beaucoup plus solide qu'il ne l'était voilà trois ou quatre ans. En d'autres termes, nous obtenons aujourd'hui les profits de la stratégie qui n'a cessé d'être mise en oeuvre depuis de nombreuses années.

4. Les principes du Groupe

L'activité du Groupe repose ainsi sur trois idées fortes. La première est celle d'une diversification géographique au sein d'un seul et même métier. Les deux autres principes sont la taille critique et l'effet de levier du Groupe.

De nombreuses entreprises choisissent de sortir de leur métier lorsqu'elles entendent se diversifier. A contrario, notre choix n'a pas été de changer de métier, mais d'utiliser la géographie comme élément de diversification.

La taille critique, quant à elle, est nécessaire pour se distinguer des concurrents au niveau des coûts unitaires.

Enfin, le troisième principe signifie que nous souhaitons utiliser le Groupe et l'organiser pour obtenir une productivité supplémentaire au regard de nos concurrents locaux plus isolés.

Ces trois éléments sont efficaces dans le sens où ils nous permettent d'éviter une dépendance excessive à une seule activité, de bénéficier d'une bonne capacité d'absorption des chocs et enfin de profiter de l'avantage que représente la mutualisation des ressources au sein du Groupe.

5. Une croissance profitable

En ce qui concerne les secteurs vie, épargne et retraite, les ventes de contrats en unités de compte ont augmenté de 19 % à taux de change constants.

Au niveau du segment dommages, nous nous trouvons dans un cercle vertueux qui s'illustre par la croissance du portefeuille et la croissance du résultat. En d'autres termes, nous obtenons des affaires nouvelles profitables, ce qui témoigne du bon fonctionnement de notre modèle opérationnel.

Nous progressons également sur la réduction des frais généraux et sur notre capacité à réduire les coûts unitaires. Les ratios de coûts sont donc en baisse, ce qui, adossé à l'augmentation du chiffre d'affaires, signifie que nos marges augmentent.

6. Le modèle AXA

Notre modèle s'appuie tout d'abord sur des sociétés locales solides dont le modèle opérationnel fonctionne de manière efficace. Ces sociétés permettent d'alimenter la croissance externe, puisque leur bon fonctionnement nous offre la capacité d'acheter d'autres sociétés sur les mêmes marchés.

Notre modèle a donc pour piliers fondateurs la croissance externe et la croissance interne, ce à quoi s'ajoute la concentration sur un seul métier et la diversification géographique.

C'est dans ce cadre que s'inscrivent l'acquisition de MONY et la proposition de rachat des minoritaires d'AXA Asia Pacific Holdings.

Cette opération nous permettrait tout d'abord de renforcer notre position en Asie pour profiter de la croissance dans cette région et y saisir les opportunités de croissance externe. De plus, cette opération renforcerait la diversification du Groupe tout en améliorant la qualité de ses résultats et en simplifiant sa structure. Enfin, cette opération maximiserait les synergies par une intégration complète dans AXA de l'activité d'AXA Asia Pacific Holdings.

Le montant de la transaction s'élève à 1,8 milliard d'euros, payé à 50 % en numéraire et à 50 % en actions AXA. La proposition est à ce jour soumise aux approbations du Conseil d'Administration et des actionnaires minoritaires d'AXA APH, ainsi qu'à l'obtention des autorisations réglementaires et autres conditions habituelles dans ces transactions.

II. Résultats consolidés

1. Le chiffre d'affaires (les taux de progression sont à données comparables)

Denis DUVERNE

Comme vous le savez, notre priorité est de faire croître notre chiffre d'affaires de manière profitable. Cette croissance s'est élevée à 2,4 % sur le premier semestre 2004 au regard du premier semestre de l'exercice précédent.

Cette croissance s'explique notamment par une forte évolution en gestion d'actifs, soit 19,1 %, ce qui s'explique par la remontée des marchés actions et par une collecte nette positive.

Sur le segment Dommages, la croissance s'est élevée à 4,2 %, grâce à une collecte nette positive en assurance-automobile de particuliers et au succès des stratégies ciblées mises en oeuvre en risques d'entreprises.

La croissance est plus modeste sur le segment de l'assurance-vie, soit 1,6 %, mais les primes en unités de compte augmentent de 19 %, représentant ainsi 35 % du total des primes Vie, Épargne et retraite.

Par ailleurs, la contribution des affaires nouvelles en vie augmente de 20,9 % à taux de change constants.

2. Les résultats par segment

Les résultats pour le premier semestre sont les suivants, les progressions s'entendant à taux de change constants :

  • vie, épargne, retraite : 848 millions d'euros, soit une progression de 31 % ;
  • dommages : 562 millions d'euros, soit une progression de 40 % ;
  • assurance internationale : 141 millions d'euros, soit une progression de 184 % ;
  • gestion d'actifs : 136 millions d'euros, soit une progression de 38 %.

En ce qui concerne les autres services financiers et les holdings, la progression est négative à hauteur de moins 252 millions d'euros. Cette régression s'explique par les opérations exceptionnelles que nous avions comptabilisées en 2003.

La progression totale du résultat opérationnel s'élève à 37 %.

Ce mouvement est davantage accentué sur le résultat courant qui progresse de 355 %, ce qui s'explique par les plus-values nettes qui étaient de moins 722 millions d'euros en 2003 et qui sont de 154 millions d'euros en 2004. Cette différence s'explique par le montant important de provisions pour dépréciation durable réalisé au premier semestre 2003. Enfin, le résultat net augmente de 621 %. Les opérations exceptionnelles comptabilisées dans le calcul résultent principalement du changement de périmètre du Groupe.

a. Vie, épargne, retraite

La progression dans ce segment est enregistrée dans tous les pays. Elle est notamment importante au Japon, ce qui constitue pour ce pays un signe très encourageant du redressement de l'activité. Celui-ci est lié à un redressement des marchés financiers et au renforcement de l'équipe de management qui a su remplir les objectifs fixés.

Le redressement est également significatif au Royaume-Uni, même s'il ne correspond pas encore au niveau que nous souhaiterions atteindre.

Nous pouvons ensuite considérer ce résultat au travers de l'indicateur de marge sur affaires nouvelles. Cette marge passe de 14,3 % pour le premier semestre 2003 à 16,4 % pour le premier semestre 2004. La progression la plus spectaculaire concerne la France, avec un passage de 8,4 % à 14,1 %. En effet, en France, la production en unités de compte s'est nettement redressée et la marge est considérablement supérieure sur ces produits.

Pour le Royaume-Uni, la situation n'est pas encore brillante, mais il s'agit tout de même d'une amélioration significative avec une marge passant quasiment de 0 à 4 %.

En ce qui concerne les Etats-Unis, le chiffre d'affaires est en baisse, mais nous parvenons tout de même à augmenter légèrement la marge, ce qui s'explique par la forte augmentation des ventes sur les produits en assurance-vie.

b. Assurance-dommages

L'indicateur le plus pertinent pour mesurer le redressement de l'assurance-dommages est le ratio combiné. Ce dernier passe pour la première fois sous la barre des 100 % et atteint 99,4 %, soit une amélioration de 2,3 points.

Cette valeur est conforme à l'objectif que nous nous étions fixé en début d'année, c'est-à-dire le maintien de ce ratio entre 98 % et 102 %, selon les variations du cycle.

Le ratio combiné est très proche du niveau des 100 % dans presque tous les pays. Il est notamment de 99,9 % en France, ce qui est d'autant plus remarquable compte tenu de certaines activités à développement long comme la construction.

En outre, le redressement de ce ratio a été obtenu sans sacrifier de la qualité en matière de provisionnement.

c. Assurance internationale

Les bons résultats semestriels confirment la reprise et le redressement technique que nous avons opéré, même s'il est vrai que nous avons bénéficié d'une sinistralité favorable. Le seul sinistre important a été celui du terminal de l'aéroport Charles De Gaulle en France.

Par ailleurs, la souscription est demeurée très sélective et nous avons profité d'une réduction des coûts de nos protections en réassurance.

Pour AXA RE, le ratio combiné est passé de 105,2 % à 95 %, ce qui est bien évidemment très appréciable. Le ratio de sinistralité s'est considérablement amélioré puisqu'il a chuté de 92,1 % à 76,9 %. Le ratio de frais généraux s'est en revanche dégradé, les économies de coûts étant partiellement compensées par des coûts de restructuration, alors que les primes acquises nettes ont reculé de 41 %.

Pour AXA Corporate Solutions Assurance, les frais généraux sont en baisse de 4 % en raison de la diminution des coûts et des taux de commission, tandis que les primes acquises brutes progressent de 14 %.

d.  Gestion d'actifs

Le chiffre d'affaires est en croissance de 19%, ce qui s'accompagne d'une poursuite de la maîtrise des coûts.

Les actifs gérés ont progressé, tant au niveau des actifs gérés moyens, qui passent de 646 milliards d'euros à fin 2003, à 696 milliards d'euros, que des actifs gérés en fin de période qui se sont élevés à 712 milliards d'euros au 30 juin 2004 contre 648 milliards d'euros à la même date en 2003.

III. MONY

L'opération a été finalisée le 8 juillet. Les forces de vente d'AXA Financial et de MONY sont formées à des offres de produits complémentaires :

  • Produits Variable Annuity d'AXA Financial proposés aux conseillers MONY ;
  • Produits risques spécialisés de MONY proposés aux conseillers d'AXA Advisors.

Nous sommes également en train de récupérer les bénéfices de MONY Partners, qui correspond à la distribution aux réseaux « Tiers » en épargne-prévoyance. Les débuts sont prometteurs, avec une hausse des devis de 77 % sur la période allant des deux semaines précédant la clôture de la transaction aux deux semaines suivant cette clôture. Les ratings et les produits d'AXA Financial devraient également avoir un impact positif.

Par ailleurs, la consolidation et l'intégration sont déjà en cours, avec d'importantes synergies de coûts prévues : regroupement des sièges sociaux ; fusion et rationalisation des services administratifs et des forces de vente ; intégration des systèmes informatiques ; application à MONY de l'efficacité et de la rigueur d'AXA Financial.

Ces synergies devraient générer des économies de coûts opérationnels annualisées de l'ordre de 175 millions de dollars en 2005. De plus, le résultat opérationnel additionnel généré par l'acquisition de MONY sur les comptes 2005 d'AXA en French GAAP est estimé entre 170 et 195 millions de dollars après impôts.

IV. Perspectives

Henri de CASTRIES

Nous pensons que sur les activités dommages et assurance internationale, nous avons encore la possibilité de réaliser des gains de productivité supplémentaires.

De plus, la croissance des activités vie, épargne, retraite et gestion d'actifs devrait s'accélérer grâce à la reprise économique et à des facteurs propres à chaque pays. En effet, les Etats-Unis profiteront des capacités de distribution supplémentaires de MONY. Les résultats de la zone Asie-Pacifique sera stimulée par la croissance économique de cette région. Enfin, les efforts de redressement au Japon et au Royaume-Uni devraient commencer à porter leurs fruits.

Il y a trois ou quatre ans, AXA se caractérisait par son savoir-faire en matière d'acquisition d'entités affaiblies à un prix attractif. Notre défi était alors de poursuivre le redressement des sociétés acquises et d'augmenter nos marges opérationnelles.

Aujourd'hui, nous démontrons que nous avons construit une plate-forme de protection financière solide. De plus, nous avons redressé les sociétés achetées il y a quatre ou cinq ans. Nous sommes également capables d'accélérer la croissance de nos activités, ainsi que de réaliser à des conditions financières raisonnables des opérations externes.

Par ailleurs, nous disposons d'une importante marge d'amélioration de notre modèle d'exploitation. Les forces de notre modèle se concentrent autour d'un métier bien défini, c'est-à-dire la Protection Financière, d'une plate-forme sans équivalent par sa diversification, et enfin de l'excellence opérationnelle.

En nous appuyant sur ce modèle, nous souhaitons aujourd'hui renforcer notre croissance interne, réduire nos coûts unitaires et enfin tirer parti des opportunités de croissance externe.

Questions de la salle

Certains de vos concurrents, notamment aux Etats-Unis, commencent à évoquer sérieusement des dégradations de conditions et de baisses des prix sur plusieurs lignes dans le segment dommages. Qu'en pensez-vous ?

Henri de CASTRIES

Nous ne sommes pas exposés au marché du dommages américain. En ce sens, nous ne sommes donc nullement impactés par des baisses de prix sur telle ou telle ligne. La question du cycle se pose davantage sur l'endroit où se situe le coeur de notre activité Dommages, c'est-à-dire essentiellement l'Europe.

A ce niveau, je pense que nous sommes vraisemblablement dans une phase favorable du cycle, mais il reste à démontrer que nous avons franchi le point de retournement. Le marché me semble plus sélectif à un niveau élevé, c'est-à-dire que nous aurons à faire face à un peu plus de concurrence sur les risques de bonne qualité. Ceci ne nous dérange nullement, notamment au regard de la croissance que nous avons su conduire en France et qui nous a démontré que nous étions pleinement capables de remporter des parts de marché profitables.

De plus, sur le modèle industriel, en réagissant plus vite au niveau des coûts, nous bénéficions d'une marge de manoeuvre supplémentaire par rapport aux concurrents et à l'environnement.

François PIERSON

Les chiffres qui ont été précédemment présentés concernant les affaires nouvelles et les primes sur le segment des particuliers signifient que nos prix sont adaptés. Cette situation avantageuse s'explique notamment par le fait que nous disposons d'une base de clients très importante. En outre, nous sommes capables de rechercher les prix adéquats pour les bons clients, avec des tarifs attractifs par rapport au marché.

Nous disposons donc d'une politique commerciale dynamique sur le segment des particuliers, et pour le premier semestre 2004, nos prix n'ont pas en moyenne connu de baisse sensible.

Par ailleurs, sur les risques d'entreprises, nous constatons que les prix peuvent baisser en dommages, mais non sur les autres lignes. Il faut reconnaître qu'il est plus difficile d'obtenir des augmentations de primes par rapport aux exercices 2002 et 2003. Néanmoins, je ne suis pas pour autant persuadé que nous nous situions à une période de fin de cycle.

Denis DUVERNE

En ce qui concerne la situation en Europe, dans les années 1990, les assureurs dommages avaient une proportion importante de leurs investissements en actions. Les plus-values actions subventionnaient alors les mauvais ratios combinés. Deux événements se sont alors produits : les plus-values actions ont disparu et ont été remplacées par des provisions ; la proportion actions a été fortement réduite.

Nous sommes parmi les acteurs européen ayant le moins réduit cette allocation actions. Aujourd'hui, les marchés sont plutôt immobiles en matière d'actions. Les concurrents n'ont donc pas retrouvé une capacité de réaliser des plus-values susceptibles de subventionner leurs ratios combinés. Ceci est un facteur d'atténuation de l'importance du cycle en dommages. En outre, puisqu'ils ont réduit leurs allocations actions, ce phénomène nous paraît durable.

Par ailleurs, de nombreux acteurs ont disparu du marché. Toutes les sociétés d'assurance ont changé de management, et ce dernier a décidé d'être davantage rationnel en matière de prix.

De plus, au niveau des lignes commerciales, nous avons assisté à un durcissement des exclusions et des conditions des polices. Ce durcissement est durable.

Enfin, la baisse des prix est inférieure à celle qui était anticipée. Nous bénéficions donc toujours d'une situation assez favorable, et nous ne sommes pas pessimistes au sujet de l'évolution du cycle en assurance dommages.

Vous évoquiez précédemment l'accident du terminal de l'aéroport Charles De Gaulle en France. Quelle est votre perception du sinistre ?

François PIERSON

Le sinistre ne pourra pas nous coûter plus de 10 millions d'euros. En outre, ce sinistre a été pris en compte dans le ratio combiné d'AXA Corporate Solutions qui, comme vous avez pu le constater, est inférieur à 100 %.

D'après les chiffres que vous avancez en termes de résultat net, il apparaît qu'à l'exception des holdings, les activités en Allemagne sont toujours en perte nette. Quand pensez-vous que les initiatives prises il y a un an seront effectives ?

Henri de CASTRIES

En Allemagne, le résultat opérationnel en dommages s'améliore de façon très sensible. Au premier semestre, nous avons dégagé des moins-values mais cela n'a aucun impact sur la structure financière (transformation de moins-values latentes en moins-values réalisées). La situation opérationnelle s'améliore graduellement.

Il semblerait que les règles du jeu aient quelque peu été modifiées en Chine, puisque le Gouvernement incite désormais les gestionnaires d'actifs à se tourner vers l'international. Comment analysez-vous ce changement ?

Henri de CASTRIES

Dans notre métier, la Chine est perçue comme un marché de forte de croissance, mais uniquement dans le futur. Les sociétés d'Etat chinoises détiennent toujours plus de 90 % du marché. Les assureurs étrangers ne détiennent donc qu'une part réduite du marché, même si elle progresse.

Le fait que les acteurs puissent désormais investir dans un nombre croissant de classes d'actifs est appréciable, puisque ceci permettra d'obtenir une meilleure diversification des risques. Néanmoins, le rythme de développement des activités n'en est pas pour autant modifié.

Par ailleurs, la mise en oeuvre de la capacité des entreprises chinoises à opérer sur des territoires hors de Chine relève selon moi du long terme. Les marchés européens et américains comprennent en effet d'ores et déjà de très nombreux acteurs qui se livrent à une concurrence locale particulièrement intense.

Qu'en est-il de la réduction de vos coûts ? Par ailleurs, dans le cadre du rachat des minoritaires, avez-vous fait preuve de générosité ?

Henri de CASTRIES

Comme nous l'avons indiqué précédemment, nous avons réduit les dépenses de plus d'un milliard d'euros. A la fin de l'exercice 2003, nous avions approximativement réduit les dépenses de 13 % et augmenté le chiffre d'affaires de 13 %. Conformément à ce qui était prévu, les réductions de dépenses pour le premier semestre 2004 sont moins spectaculaires. Notre intention est aujourd'hui d'être plus flexible. Nous sommes en effet plus attentifs à la réduction des coûts unitaires qu'à la réduction des coûts absolus puisqu'elle permet d'obtenir une amélioration des marges et donc de la profitabilité totale du Groupe.

En ce qui concerne le rachat des minoritaires australiens, nous proposons 3,75 dollars australiens par action, ce qui représente une prime de 15 % par rapport au cours de l'action durant les trois derniers mois. L'objectif est d'avoir un niveau de prix équitable.

Je vous remercie.