Présentation des résultats semestriels 2003

Transcription de la conférence de presse du 12 août 2003

Ont participé à la conférence de presse :

  • Henri de CASTRIES, Président du Directoire ;
  • Claude BRUNET, membre du Directoire, en charge des activités transversales, de la communication et des ressources humaines ;
  • François PIERSON, directeur général d'AXA France et responsable d'AXA Assistance, d'AXA Corporate Solutions Assurance et d'AXA Canada ;
  • Denis DUVERNE, membre du Directoire, en charge des finances, du contrôle et de la stratégie.

I. Réalisations en 2003

1. Panorama général

Henri de CASTRIES, Président du Directoire

Les résultats du premier semestre 2003, dans leur ensemble, ont fait apparaître des progrès significatifs sur le plan opérationnel, que ne doivent pas masquer les provisions pour dépréciation d'actifs qui ont été constituées. Trois aspects positifs sont à signaler en particulier. En premier lieu, en matière de tarifs, le cycle du secteur dommages continue d'être favorable : nous pouvons progressivement faire passer un certain nombre d'augmentations de prix, en matière de risques industriels mais aussi (de façon plus modérée) sur un certain nombre de lignes de particuliers, pour répondre à la hausse de la sinistralité enregistrée ces dernières années et nous ne sommes sans doute pas encore au bout du chemin, du moins en grands risques. De plus, la sinistralité, au 1er semestre, a été relativement faible. Nous avons tous en tête, par exemple, l'amélioration de la sinistralité automobile en France. Enfin, il existe toujours un appétit fort, à nos yeux, pour les produits que nous concevons et proposons, probablement en raison d'une demande croissante et renouvelée pour le conseil, dans une période mouvante et perturbée.

Cela dit, force est de constater que dans le même temps, des éléments négatifs ou très négatifs ont pesé sur nos résultats. Le premier réside dans l'évolution des taux de change. Pour le Groupe AXA, dont une part majeure de l'activité se situe hors de la zone euro, les profits sont en effet diminués de l'effet de change. Le résultat opérationnel, qui progresse de 6 %, aurait ainsi progressé de 15 % à taux de change constant. Un deuxième élément négatif a pesé au cours du semestre : le volume moyen des actifs gérés au cours du semestre a été nettement inférieur à des références antérieures. Les bases sur lesquelles nous avons pu prélever des commissions s'en sont trouvées plus faibles et ceci a pesé sur l'activité.

Un troisième élément négatif réside dans le niveau bas des taux d'intérêt, qui ont amené certains à craindre la survenue d'un scénario déflationniste (avec pour corollaire, nous concernant, des menaces sur nos activités en Vie, compte tenu des taux garantis que nous proposons). Enfin, la faiblesse des marchés Actions a pesé sur l'activité et sur nos comptes, de façon significative.

Sur le plan des résultats, le résultat net total diminue de 75 %, passant de 835 millions d'euros à 209 millions d'euros. Cette évolution résulte principalement de la ligne « plus-values nettes de provisions pour dépréciation durable », qui connaît un effet de ciseau de 930 millions d'euros sur les plus et moins-values, en raison des provisions passées pour refléter la perte durable de marchés complémentaires au cours du semestre. Lorsqu'on regarde au-delà de cela, l'on constate que néanmoins, le résultat opérationnel a progressé de 6 %. Nous considérons qu'il s'agit là d'un très bon résultat sur le semestre : ceci illustre en effet que la capacité bénéficiaire du Groupe, indépendamment des conditions de marché, continue de progresser.

1. Les actions entreprises

De façon plus précise, nous avons poursuivi nos efforts pour abaisser notre point mort, par plusieurs actions. Nous avons d'abord renforcé notre croissance interne (+3,5 %). Mais il existe aussi un secteur dans lequel nous avons volontairement réduit notre chiffre d'affaires : la réassurance et les grands risques. Hors ces deux activités, la croissance interne du Groupe s'élève à 5,2 %. Nous avons également amélioré notre ratio combiné. Nous avions indiqué que nous serions à 104 %, pour ce ratio, à la fin de l'année et nous sommes, à la fin du 1er semestre, à 101,8 %, ce qui témoigne d'une bonne avance sur notre plan de marche. Nous connaissons certaines difficultés sur notre activité japonaise mais des mesures correctrices ont été prises et devraient porter leurs fruits. Ces activités ont pesé sur nos résultats. L'Assurance internationale renoue avec le profit opérationnel et ceci nous paraît durable. Enfin, nous avons poursuivi la mise en oeuvre de réductions de coût (-215 millions d'euros par rapport au premier semestre 2002).

Je rappelle par ailleurs que nous avons enregistré 7,5 % de croissance en Vie. Cette croissance a concerné tous les pays, sauf la Grande-Bretagne. Nos activités Vie ont ainsi bien résisté, dans un environnement délicat. Nos activités en Dommages ont également connu des résultats satisfaisants. Enfin, en gestion d'actifs, il est à noter un accroissement de la collecte, avec 12 milliards d'euros de collecte nette, ce qui témoigne là aussi d'une amélioration intervenue dans un contexte difficile. En ce qui concerne notre ratio combiné, nous avons dépassé notre objectif de 103,3 % compte tenu du nouveau périmètre.

Plus largement, l'amélioration de notre efficacité opérationnelle repose sur trois piliers. Le premier est l'accélération de la croissance interne, sur laquelle nous estimons pouvoir aller plus loin. Le deuxième pilier est la concentration sur l'amélioration des marges techniques. Enfin, nous misons sur une poursuite de la baisse des dépenses en base économique. Nous atteindrons ces objectifs d'amélioration opérationnelle grâce à un certain nombre d'outils, dont nous pouvons citer quelques exemples. L'un d'eux est AXA Tech, qui permet déjà des économies substantielles, par la centralisation et la mutualisation des ressources informatiques. Citons encore la centralisation de la fonction Achats, qui fait déjà apparaître des résultats concrets. Au niveau des entités, il nous semble que des gains de productivité peuvent encore être attendus, par la croissance du chiffre d'affaires et par l'amélioration constante des processus.

II. Résultats consolidés

Denis DUVERNE

Je vous propose de revenir sur les résultats de façon plus détaillée. De façon générale, le résultat opérationnel s'améliore de 6 %. Nous avons également connu des opérations exceptionnelles pour un montant de 137 millions d'euros au cours du semestre : il s'agit des plus-values réalisées sur la vente d'Auxifina en Belgique, sur la vente de Members Equity en Australie ainsi que sur des opérations réalisées en Autriche et en Hongrie. Enfin, les amortissements de survaleurs sont stables par rapport au 1er semestre 2002.

En ce qui concerne les plus-values revenant à l'actionnaire, les provisions pour dépréciation durable, qui s'élevaient à 302 millions d'euros au 1er semestre 2002, sont passées à 1,941 milliard d'euros au 1er semestre 2003. Ce montant est important ; il s'explique par l'application de la règle de dépréciation des titres dont la perte de valeur est d'au moins 30 % durant six mois. Nous avons réalisé 384 millions d'euros de plus-values nettes au 1er semestre 2003. En net, le solde est de 722 millions d'euros sur le semestre. La croissance du résultat opérationnel reflète aussi une nouvelle baisse des dépenses en base économique. En prenant en compte les dépenses pour la période durant laquelle elles sont effectivement réalisées, la baisse de ces dépenses atteint 215 millions d'euros.

Si l'on observe le résultat opérationnel par segment, il apparaît d'abord qu'en Vie/Epargne/Retraite, le résultat opérationnel a baissé de 23 % (15 % à taux de change constant). Ceci résulte notamment du transfert d'une activité santé dans l'activité dommages, sans lequel le résultat opérationnel ne diminuerait que de 10 %. D'une façon générale, le résultat opérationnel progresse dans un grand nombre de pays, par rapport au niveau de 748 millions d'euros du 1er semestre 2002. Deux pays expliquent la baisse globale constatée : le Royaume-Uni et le Japon, où le résultat opérationnel baisse de 71 millions d'euros, en raison du provisionnement d'un impôt différé d'actif et en raison d'une baisse des conditions sur les contrats de Santé collective que nous avons dû concéder.

Cette baisse de résultat en Vie ne doit pas masquer un résultat important : la collecte nette reste forte, tant sur l'actif général que sur les unités de compte. Pour revenir sur l'élément que je viens d'évoquer, le Japon représente à nos yeux un coût à court terme mais une opportunité pour l'avenir. Il s'agit d'un marché stratégique pour AXA, qui représente 22 % de la contribution aux affaires nouvelles du Groupe en 2002. Un changement de management est intervenu fin mars 2003 (moment de la clôture des comptes du Japon). Pour construire l'avenir, nous misons également sur le développement de nouveaux produits, sur l'amélioration de la rétention, de manière ciblée sur l'activité épargne-retraite des particuliers, et sur la poursuite de l'amélioration de la gestion actif/passif.

Nous enregistrons par ailleurs, en Dommages, une forte progression du résultat opérationnel, à 402 millions d'euros, soit une progression de 76 %. Ce résultat doit être légèrement retraité dans la mesure où l'on y inclut les résultats de l'entité santé au Royaume-Uni. Cela dit, force est de constater que le résultat courant baisse de 47 %. Le résultat, en Dommages, a été tiré vers le haut dans l'ensemble des pays, à l'exception de l'Allemagne, où la dégradation du résultat opérationnel résulte d'une baisse des revenus financiers. La progression du résultat opérationnel, d'une façon générale, résulte d'une baisse des ratios de sinistralité et de la baisse des frais généraux, qui explique 1,4 point de baisse du ratio combiné.

Celui-ci baisse de 1,9 point globalement, avec une évolution favorable dans tous les pays, dont la France, malgré des évènements graves à déplorer, tels que de très graves incendies industriels. En matière d'Assurance internationale, la stratégie mise en oeuvre en 2002 porte ses fruits. Le résultat opérationnel y passe de -28 à +50 millions d'euros, tandis que le résultat courant passe de-42 millions d'euros à +42 millions d'euros. Enfin, en gestion d'actifs, l'image est plus contrastée. Le résultat opérationnel baisse de 27 %, en raison de la baisse des actifs moyens gérés, du fait de l'évolution des marchés financiers. Cela dit, cette baisse est seulement de 14 % à taux de change comparable, compte tenu de la part importante représentée par Alliance Capital aux Etats-Unis.

III. Bilan consolidé

Denis DUVERNE

Le bilan d'AXA, qui avait suscité des commentaires durant l'année 2002, s'est fortement consolidéau 1er semestre 2003, avec une marge de solvabilité consolidée de 212 % au 30 juin dernier, soit un niveau supérieur à celui du 31 décembre 2001 et représentant plus de deux fois la marge de solvabilité nécessaire. La progression des cash flows opérationnels du Groupe illustre également cette solidité. Les cash flows sont notamment très positifs en Dommages (+ 500 millions d'euros environ), en particulier grâce à de fortes progressions en France et en Allemagne.

Nous avons également réalisé un certain nombre de cessions qui ont amélioré la flexibilité financière du Groupe. Nous avions cédé l'an dernier les activités santé en Australie et nous en enregistrons les effets en 2003. Nous avons par ailleurs reçu 700 millions d'euros du fait de la cession de participations. Les cessions nous ont rapporté globalement 1,3 milliard d'euros au cours du semestre. Si nous avons dû recapitaliser un certain nombre de filiales, nous sommes globalement dans une situation meilleure à la fin du 1er semestre.

La structure des actifs du Groupe reste relativement stable, avec une part des obligations de 65 %, contre 66 % en 2002, et une part des actions, stable, de 15 %. L'immobilier est également stable, à 4 %. La trésorerie a connu un bond à la fin du trimestre, passant de 7 % à 9 %. Nous avons en effet considéré qu'il était prudent d'attendre quelque peu avant d'investir nos cash flows dans un contexte de baisse des taux obligataires. Enfin, les plus-values latentes revenant à l'actionnaire bénéficient du rebond des marchés financiers. Un élément qui n'apparaît pas sur ce tableau est constitué par l'actif net réévalué par action, qui a progressé de 7 % au cours du semestre.

IV. Synthèse

Henri de CASTRIES

La croissance du Groupe se poursuivra grâce à trois moteurs. Le premier est lié aux objectifs par entité. Ceci vaut notamment pour le Japon, pour l'Assurance internationale et pour nos activités au Royaume-Uni, car il y a là trois situations spécifiques qui constituent autant de leviers d'amélioration. Dans le même temps, nous devons poursuivre nos efforts sur l'ensemble des entités du Groupe, par plusieurs leviers :

  • en améliorant le taux de croissance organique de l'activité ;
  • en travaillant à la progression des cash flows ;
  • en améliorant les marges techniques ;
  • en poursuivant la croissance des encours et du taux de rétention ;
  • enfin, en poursuivant la réduction des coûts fixes et variables.

Nous avons vécu, au cours des deux ou trois dernières années, une érosion des bases d'actifs, indépendamment des cash flows nets, contrairement à la situation qui prévalait antérieurement. Nous connaissons aujourd'hui une situation un peu différente : pour la première fois depuis le début du second semestre, les actifs moyens, en l'absence de toute croissance des marchés, devraient être supérieurs aux actifs moyens du semestre précédent. Nous avons ainsi le sentiment que nous avons trouvé un point d'inflexion qui reste pourtant fragile. Ce n'est pas, à l'évidence, une excuse pour ne pas essayer d'améliorer les performances des différentes entités. Enfin, nous sommes dans une situation dans laquelle nous pouvons, si nous le souhaitons, saisir des opportunités de croissance externe sur des marchés, si elles se présentent à des prix raisonnables. Il n'y a aucune urgence mais nous sommes en situation de saisir d'éventuelles opportunités, et ceci constitue un atout non négligeable pour le Groupe AXA.

V. Perspectives

Henri de CASTRIES

Nous ne donnerons pas de prévision à court terme pour les six mois à venir, car nous nous sommes extraits de cet exercice, comme vous le savez. Mais nous pouvons formuler des indications générales. Comme je l'ai indiqué, si les marchés se stabilisent à leur niveau actuel, le second semestre 2003, sur la partie Vie et Asset Management, devrait bénéficier de la hausse des actifs moyens sous gestion.

Dans les branches Dommages et Assurance internationale, en l'absence de catastrophe majeure, l'amélioration tendancielle du ratio combiné du Groupe constatée au 1er semestre 2003 devrait se confirmer, et permettre de dépasser l'objectif fixé en début d'année. Enfin, nous sommes dans une situation dans laquelle tout signe de reprise économique et de reprise des marchés devrait bien sûr bénéficier au chiffre d'affaires et aux résultats du Groupe.

Questions de la salle

Pouvez-vous être plus précis sur vos objectifs de retour à la rentabilité opérationnelle en ce qui concerne le Japon ?

Henri de CASTRIES

Le Japon représentele 2ème marché d'assurance-vie du monde, et présente par ailleurs une spécificité, à travers de très hauts niveaux de revenus et de patrimoine des ménages, tandis que les acteurs de ce marché paraissent au contraire assez fragilisés. De façon plus précise, nous travaillons à convaincre les clients de changer de polices, pour délaisser les taux garantis, qui présentent peu de possibilités de hausse, au profit de produits pouvant profiter des hausses du marché. Ces conversions de police améliorent notre marge.

Le deuxième élément à prendre en compte est la contribution des affaires nouvelles. Il existe en effet structurellement une marge brute positive, ce qui montre que la situation va s'améliorer.

Avez-vous une échéance plus précise pour le retour à la profitabilité opérationnelle ?

Henri de CASTRIES

Nous pensons que ce retour devrait se produire en 2004 ou en 2005. Mais, encore une fois, il me semble que l'essentiel réside dans la contribution des affaires nouvelles.

Quel est le taux de conversion actuel, par rapport à la période précédente ?

Denis DUVERNE

Nous devons convertir une centaine de milliers de police dans le courant de l'année, soit environ 16 % du nombre de polices comprises dans la " cible " (constituée des polices insuffisamment profitables, car ce n'est pas le cas de toutes les polices). Mais comme l'activité de souscription d'affaires nouvelles est également très importante, cela a aussi un impact négatif. L'horizon 2004 semble donc tout à fait plausible pour le retour à la profitabilité, mais il ne faut pas y compter en 2003.

Pouvez-vous dire un mot du contentieux sur l'Allemagne ?

Henri de CASTRIES

Vous évoquez le contentieux avec la Deutsche Bank sur l'immeuble Bankers Trust de New York. La Deutsche Bank fait un procès, sur ce dossier, à Allianz et à nous. Pour notre part, nous sommes tout à fait sereins sur ce dossier, car il nous semble que ce cas est " sans mérite ", comme disent les Américains, et nous sommes persuadés que notre rigueur apparaîtra à travers ce dossier.

Peut-on dire que si les marchés se stabilisent à leur niveau actuel, certaines provisions pour dépréciation durable devraient disparaître au second semestre ?

Denis DUVERNE

Je crois que le facteur le plus important, au 2ème semestre, sera la position de place qui sera prise sur la question de l'évolution de la volatilité. L'avis du CNC de décembre 2002 indiquait que le seuil de référence pour l'appréciation de la provision était de 20 % en période de volatilité " normale " et de 30 % dans une période de forte volatilité. Ce dernier seuil a été mis en oeuvre, en raison de la situation constatée fin décembre 2002. Ceci prévaut encore pour l'année 2003. Si les marchés se stabilisent, il est possible que la volatilité se réduise. Mais cette décision revient à la communauté des régulateurs en matière comptable.

Henri de CASTRIES

Cela dit, il faut bien mesurer l'ampleur du sujet. Au total, si l'on fait aujourd'hui l'addition des plus et moins-values, il apparaît que nous avons 13 milliards d'euros (en brut) de plus-values, avant impôt, part assuré + actionnaire. Par ailleurs, nous avons un portefeuille Actions d'une valeur comptable qui est aujourd'hui de 36 milliards d'euros pour l'ensemble du Groupe. Les moins-values latentes représentent 9 % de la valeur comptable de ce portefeuille. Il s'agit donc d'une proportion assez faible.

Surtout, encore une fois, nous sommes avant tout préoccupés par la bonne gestion à long terme du Groupe. Certains ont sans doute commis des erreurs sensibles en réduisant leur exposition en actions. Nous exerçons un métier dans lequel nous sommes investisseurs nets tous les jours. Nous avons donc, pour notre part, maintenu l'exposition actions dans le portefeuille, même si cela suscite des questions sur les moins-values latentes.

Quels sont vos marchés " cibles " privilégiés, en termes de croissance externe ?

Henri de CASTRIES

Nous demeurons sur trois marchés : l'Europe, les Etats-Unis et l'Asie. En Asie, notre priorité consiste à porter nos activités à un niveau de profitabilité satisfaisant. Il demeure donc l'Europe et les Etats-Unis.

Inversement, envisagez-vous encore de sortir de marchés ou de certaines positions ? Le cas des Pays-Bas avait été évoqué à un moment.

Henri de CASTRIES

Un Groupe bien géré est à entretenir tous les jours, comme un jardin bien tenu, si je peux me permettre cette comparaison. Il existe donc toujours un travail de " nettoyage " à opérer, même si ce n'est pas nécessairement aussi significatif que les opérations connues par le passé.

Denis DUVERNE

Il serait bien entendu mal venu de vous indiquer les pays ou les sociétés sur lesquels ces mouvements pourraient intervenir, car cela réduirait leur valeur.

Quelles filiales concerne le solde de recapitalisation des filiales ?

Denis DUVERNE

Nous avons livré une information publique en ce qui concerne le Japon. Le reste concerne la gestion du Groupe. Nous pouvons vous indiquer que cela concerne des sociétés qui étaient moins bien capitalisées que d'autres.

Henri de CASTRIES

Là aussi, cependant, il n'existe pas de secret : nous avons une gestion centralisée des fonds propres. En conséquence, nous laissons le minimum possible de fonds propres dans les entités locales et en fonction des évolutions de marché, il est parfois nécessaire de recapitaliser en certains points locaux. Nous estimons que telle est la pratique de bonne gestion.

Pouvez-vous nous parler de l'évolution des taux au cours de la période récente ? Par ailleurs, pour quelles raisons avez-vous passé des provisions pour dépréciation du portefeuille obligataire et quel en est le montant ?

Henri de CASTRIES

En ce qui concerne l'évolution des taux d'intérêt, je crois qu'il faut rester serein. Nos plus-values obligataires ont augmenté avec la baisse des taux. Aujourd'hui, elles sont sans doute un peu moins importantes. Mais comme vous le soulignez, l'objet n'est pas de réaliser des plus-values obligataires et la hausse progressive des taux d'intérêt constitue plutôt, à nos yeux, une bonne nouvelle, car cela veut dire que nous pouvons réinvestir les cash flows à des taux plus attractifs qu'il y a quelques semaines ou quelques mois.

Denis DUVERNE

Pour répondre à votre deuxième question, les provisions pour dépréciations d'obligations s'élèvent à 111 millions d'euros, contre 88 millions d'euros au premier semestre 2002. Elles s'expliquent par l'application d'une règle simple : nous devons provisionner pour dépréciation durable les obligations qui ont une notation inférieure à BBB- et nous provisionnons ces obligations si elles sont en dessous de leur prix d'acquisition durant plus de douze mois ou si elles sont en dessous de leur prix d'acquisition - 20 % durant plus de six mois.

L'Assurance internationale est revenue dans le vert. Quel est l'avenir de cette branche ?

Henri de CASTRIES

Nous avons dit que nous n'y affecterions pas davantage de fonds propres. Rien n'a changé sur ce point.

Merci à tous pour votre participation.