Présentation des résultats annuels 2003

Transcription de la conférence de presse du 26 février 2004

Ont participé à la conférence de presse :

  • Henri de CASTRIES, Président du Directoire ;
  • Claude BRUNET, membre du Directoire, en charge des activités transversales, de la communication et des Ressources humaines ;
  • François PIERSON, membre du Directoire, directeur général d'AXA France, responsable de l'activité Grands Risques d'AXA Canada et d'AXA Assistance ;
  • Denis DUVERNE, membre du Directoire, directeur général Finance, Contrôle et Stratégie.

I. Réalisations en 2003

1. Panorama général

Henri de CASTRIES, Président du Directoire

Au préalable, je tiens à rappeler que nous opérons une distinction entre le résultat opérationnel, qui ne prend pas en compte le solde des plus et moins-values, et le résultat courant, qui intègre ces éléments. Sur l'exercice 2003, notre résultat opérationnel a fortement progressé par rapport à celui de 2002.

Pourtant, nous avons dû faire face à un environnement globalement difficile. En premier lieu, nous avons été lourdement pénalisés par l'évolution des taux de change : notre résultat opérationnel a progressé de 21 %, mais il aurait augmenté de 30 % à taux de change constants. En effet, une part importante de notre activité est située hors de la zone euro. La situation des marchés financiers sur la première partie de l'année était, elle aussi, défavorable ; elle s'est progressivement améliorée à partir de mars. Enfin, nous avons constaté un durcissement de l'environnement réglementaire, en particulier aux Etats-Unis ; les amendes que nous avons dû payer pèsent pour plus de 100 millions d'euros sur notre résultat.

Toutefois, il est à noter que la sinistralité, en matière d'assurance-dommages, a été meilleure que la moyenne ; ce phénomène explique pour partie l'amélioration de nos résultats en dommages.

2. Les raisons de la progression du Groupe

a. L'accélération de la croissance interne et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle

Il a souvent été reproché à AXA l'insuffisance de sa croissance organique. Aujourd'hui, notre croissance organique s'accélère pour la troisième année consécutive ; à taux de change constants, elle s'élève à 5,3 %. Ainsi, notre croissance organique est désormais supérieure à celle de nos principaux concurrents et nous estimons qu'elle peut encore être améliorée.

Par ailleurs, je tiens à souligner que nous avons dépassé notre objectif en ce qui concerne le ratio combiné : il s'établit à 101,4 % en 2003, soit une amélioration de 13 points par rapport à l'année 2000. De fait, les activités d'assurance-dommages contribuent aujourd'hui de façon importante à la profitabilité du Groupe.

Enfin, nous avons poursuivi l'effort de réduction de nos coûts, alors même que le chiffre d'affaires continuait d'augmenter. Depuis septembre 2001, la réduction totale de nos coûts a été supérieure à 1,2 milliard d'euros ; parallèlement, le chiffre d'affaires a progressé de 14 %. Nous sommes résolus à poursuivre cette réduction des coûts, tout en continuant à investir pour préparer la croissance future.

b. Les efforts accomplis dans certaines situations spécifiques

Dans cinq entités du Groupe où les résultats n'étaient jusqu'à présent pas satisfaisants, nous avons amélioré nos performances en 2003 : l'assurance-dommages au Royaume-Uni et en Allemagne, AXA Corporate Solutions Assurance, AXA RE, et l'assurance-vie au Japon.

Dans chacune de ces cinq entités, nous sommes parvenus à une amélioration significative du résultat opérationnel et nous poursuivons nos efforts.

c. Un modèle industriel efficace

Les bonnes performances de 2003 démontrent l'efficacité de notre modèle industriel. Nous avons choisi de nous concentrer sur un seul métier, la protection financière, et d'acquérir des positions fortes sur les marchés sur lesquels nous décidons d'opérer, ce qui nous confère un avantage compétitif. Nos implantations géographiques sont diversifiées. Ce modèle permet de limiter les risques et les besoins en capital, sans pour autant réduire la croissance des résultats.

Notre objectif global est d'accélérer la croissance de notre chiffre d'affaires tout en préservant nos marges. Le Groupe cherche systématiquement à tirer parti de sa taille pour accélérer la conquête de nouveaux clients, réduire les coûts et augmenter son efficacité. De plus, nous nous efforçons de diffuser dans l'ensemble du Groupe les meilleures pratiques en matière de protection financière.

Notre compétitivité s'appuie sur quatre éléments essentiels :

  • La politique de souscription et de tarification

Grâce à une amélioration des critères de sélection et à un réajustement des prix lorsque c'était nécessaire, nous avons obtenu une amélioration sensible de notre ratio combiné.

  • L'innovation produits

Nous avons mis de nouveaux produits sur le marché, en particulier des offres ciblées, visant des catégories nouvelles de clientèle. La qualité de nos produits nous a permis de gagner des parts de marché.

  • La gestion de la distribution

D'une manière générale, nous souhaitons être propriétaires de nos réseaux.Cependant, nous travaillons aussi avec une distribution tierce lorsque cela se justifie. La productivité de nos réseaux augmente dans tous les pays, même si elle n'est pas encore optimisée.

  • La productivité et la qualité de service

Notre productivité s'est fortement améliorée. En revanche, une marge de progression demeure dans le domaine de la qualité de service, qui constitue un facteur significatif d'accélération de la croissance.

Par ailleurs, nous avons fait en sorte de préserver le potentiel de croissance des résultats du Groupe. En effet, nous avons choisi de maintenir notre exposition aux marchés actions, ce qui constitue un élément de garantie de notre performance à long terme.Pendant la crise, nous avons refusé de réduire nos expositions actions et d'effectuer des augmentations de capital. Grâce à notre structure financière solide, nous avons évité de diluer nos actionnaires.

Ainsi, nous avons pu augmenter le dividende au titre de l'exercice 2003 qui sera versé en 2004. En effet, à taux de change constants, l'année 2003 montre une progression significative de tous nos indicateurs : le chiffre d'affaires, le résultat opérationnel, le résultat courant, le résultat net, l'embedded value et la contribution des affaires nouvelles. Nous avons choisi d'augmenter le dividende car nous sommes aujourd'hui sereins et confiants par rapport à l'avenir.

3. AXA France - Faits marquants 2003

François PIERSON

Pour AXA France, les résultats de l'année 2003 ont été satisfaisants : le résultat opérationnel a progressé, tant en dommages qu'en vie.

L'exercice s'est caractérisé par une augmentation significative des ventes sur le marché des particuliers, aussi bien en dommages que sur l'assurance-vie. En dommages, nous avons mis en oeuvre une dynamique commerciale efficace. Nous avons gagné des parts de marché à la fois en assurance-automobile et en assurance-habitation. Globalement, notre chiffre d'affaires a progressé de 5 % sur le marché des particuliers et cette croissance devrait s'accentuer en 2004.

Sur le marché des entreprises, nous avons augmenté les tarifs et mis en oeuvre une politique technique extrêmement stricte, aussi bien pour la souscription que pour la conservation des risques. Notre chiffre d'affaires a augmenté de 10,5 %, soit une croissance en ligne avec celle du marché.

Le ratio combiné dommages s'établit à 101,5 % ; il est en amélioration de 1,4 point. En effet, nous avons réalisé des gains à la fois dans le domaine du ratio sinistres sur primes (?) et des frais généraux.

En assurance-vie individuelle, nous avons réalisé une croissance du chiffre d'affaires de 5 %, soit une performance supérieure à celle des assureurs traditionnels. Par ailleurs, nous avons accompli des performances satisfaisantes en matière d'assurance-retraite collective, avec une croissance de 16 % du chiffre d'affaires.

Enfin, nous avons réussi le lancement d'AXA Banque : nous avons acquis 50 000 clients supplémentaires en 2003.

II. Résultats consolidés 2003 et résultats par activité

Denis DUVERNE

En données comparables, la croissance interne du Groupe s'élève à 5,3 % en 2003. En assurance-vie, la croissance est de 8,5 % ; en assurance-dommages, elle s'établit à 4 %.

Notre croissance peut également être mesurée par l'évolution des cash flows opérationnels : ils sont en augmentation à la fois en assurance-vie, en assurance-dommages et en gestion d'actifs.

1. Les résultats consolidés 2003

En 2003, le résultat opérationnel s'élève à 2 035 millions d'euros, soit une progression de 21 %. A taux de change constants, cette croissance serait de 30 %.

Nous devons prendre en compte une moins-value nette de 585 millions d'euros, qui se répartit de la manière suivante :

  • 463 millions d'euros de plus-values,
  • 1 048 millions d'euros de provisions pour dépréciation durable sur les actions : en effet, les règles ont été durcies et nous devons désormais enregistrer des provisions pour dépréciation durable si les actions se déprécient de plus de 20 % pendant six mois (au lieu de 30 % en 2002).

Le résultat courant s'établit donc à 1 450 millions d'euros.Il augmente de 7 % (15 % à taux de change constants). Les opérations exceptionnelles, c'est-à-dire les entrées et sorties de périmètre, ont un impact positif de 148 millions d'euros. Par ailleurs, l'amortissement des goodwill a un impact négatif de 593 millions d'euros. Ainsi, le résultat net s'élève à 1 005 millions d'euros. Sa croissance est de 6 % (18 % à taux de change constants).

2. Les résultats opérationnels par activité

 

Nous avons réalisé une performance contrastée : la progression en assurance-dommages et en assurance internationale a été en partie contrebalancée par le recul en assurance-vie et en gestion d'actifs.

a. Vie-Epargne-Retraite

Si l'on ne tient pas compte des effets de change et de périmètre, tous les pays sont en progression, à l'exception du Royaume-Uni.

Quant aux ventes de produits en unités de compte qui s'étaient réduites du fait de la crise des marchés financiers, elles ont recommencé à augmenter en 2003. Les provisions techniques en unités de compte sont également en croissance par rapport à 2002. Sur les provisions en unité de compte, la comparaison entre l'évolution des encours moyens et l'évolution des encours en fin de période révèle une tendance favorable : nous constatons une hausse spectaculaire des encours en fin d'exercice.

En matière d'assurance-vie, les résultats étaient jusqu'à présent décevants au Japon et au RoyaumeUni. Au Japon, les efforts réalisés en 2003 nous ont permis de dépasser nos objectifs. Au RoyaumeUni, la situation demeure difficile ; des mesures de redressement ont été adoptées.

b. Dommages

Sur cette activité, les résultats progressent dans tous les pays. Le résultat opérationnel total s'élevait à 226 millions d'euros en 2002 ; il s'établit à 753 millions d'euros en 2003. Quant au ratio combiné global, il est passé de 105,4 % en 2002 à 101,4 % en 2003 ; il est en amélioration dans tous les pays.

La baisse de 4 % du ratio combiné Groupe a été obtenue grâce à une diminution des frais généraux, qui montre que l'amélioration de la productivité se poursuit, et à une baisse simultanée du ratio de sinistralité due, pour partie, à nos efforts en matière de souscription.

Nous avons opéré cette réduction du ratio combiné sans réduire notre niveau de provisionnement : nos ratios provisions/primes sont restés quasiment stables. Enfin, le ratio provisions de sinistres/indemnités versées s'établit à 256,3 : nous disposons donc de réserves confortables.

c. Assurance internationale

En 2002, nous avions réalisé une perte de 78 millions d'euros ; en 2003, nous avons obtenu des bénéfices d'un montant de 141 millions d'euros. Ce retour au profit concerne aussi bien la réassurance que l'assurance des grands risques.

Dans le domaine de la réassurance, il est à noter que le ratio combiné en réassurance dommages s'améliore de 11 points, passant de 109,5 % à 98,2 %. En effet, notre politique de souscription extrêmement rigoureuse a permis une diminution de nos primes de 18 % en données comparables.

Sur l'assurance des grands risques industriels, nous avons également adopté une politique de souscription plus sélective. Par ailleurs, nous nous sommes recentrés sur certains marchés, principalement européens. Enfin, nous avons opéré une réduction des frais généraux et amélioré les conditions de réassurance. Ainsi, le ratio combiné est passé de 109,1 % à 102,3 %.

Nous estimons qu'en assurance internationale, le redressement est loin d'être achevé : nous devons encore améliorer les conditions de réassurance et poursuivre l'abaissement du point mort. Enfin, je tiens à préciser que nous recherchons des résultats et non des volumes.En aucun cas nous n'augmenterons les volumes de façon inconsidérée.

d. Gestion d'actifs

La provision sur Alliance Capital a eu un impact négatif important sur le résultat opérationnel en gestion d'actifs. Si l'on ne tient pas compte de cette amende, les résultats opérationnels ont légèrement augmenté, malgré le contexte encore incertain des marchés financiers.

Nous constatons une augmentation des actifs gérés.Là encore, les actifs en fin d'année 2003 sont très supérieurs aux actifs à la fin 2002, ce qui constitue un signe positif pour l'avenir.

III. Embedded value

Denis DUVERNE

Cet indicateur correspond à la richesse accumulée par l'entreprise, permettant de produire des résultats futurs en assurance-vie. Notre embedded value progresse de 2 %, (11 % à taux de change constants) pour s'établir à 16,31 euros par action.

La contribution des affaires nouvelles en vie progresse de 4 % (16 % à taux de change constants) et s'élève à 675 millions d'euros.

Notre marge sur affaires nouvelles vie passe de 14,5 % à 15,2 %, soit une progression honorable dans un contexte très incertain pour les marchés financiers.

IV. Perspectives 2004

Henri de CASTRIES

Pour 2004, notre objectif est de continuer à renforcer la croissance interne et à améliorer la performance opérationnelle. Nous pensons que le Groupe conserve des potentiels d'amélioration significatifs. J'estime que nous sommes notamment en mesure de poursuivre l'augmentation du chiffre d'affaires et l'amélioration parallèle des résultats techniques.

Nous devons également confirmer les redressements entamés en 2003 dans certaines entités du Groupe : l'assurance internationale, l'assurance-vie en Allemagne, l'assurance-dommages au Royaume-Uni, le Japon. Par ailleurs, nous devons résoudre les difficultés rencontrées dans le domaine de l'assurance-vie au Royaume-Uni.

Enfin, nous souhaitons réaliser rapidement l'intégration de Mutual of New York (MONY), lorsque l'acquisition sera effective.

Nous sommes confiants quant à la croissance des résultats : l'ensemble des activités vie et gestion d'actifs devrait bénéficier de la reprise économique. En ce qui concerne l'assurance-dommages, nous avons l'intention d'améliorer encore notre ratio combiné : nous souhaitons qu'il oscille entre 98 % et102 % selon le cycle.

Enfin, nous sommes prêts à saisir de façon pragmatique les opportunités qui se présenteront sur les marchés où nous avons déjà établi des bases solides.

Questions de la salle

Selon vous, les résultats du Groupe au Royaume-Uni redeviendront-ils positifs en 2004 ?

Denis DUVERNE

Concernant le Royaume-Uni, notre optimisme est mesuré : nous attendons un résultat positif en 2004, mais nous savons que pour renouveler de façon durable la profitabilité de l'activité, nous devrons encore travailler pendant plusieurs années.

Henri de CASTRIES

D'une manière générale, le marché britannique est sur-réglementé : les commissions perçues par les acteurs sont limitées à 1 %, ce qui a pour conséquence d'affaiblir l'ensemble des acteurs. Même si la situation demeure difficile en 2004, nous estimons que le choix de rester au Royaume-Uni est justifié à long terme : nous sommes désormais l'un des acteurs les plus puissants de ce marché, tant sur le plan financier qu'en terme de couverture globale.

Concernant MONY, les conditions de votre offre ont-elles été modifiées ?

Henri de CASTRIES

Nous n'avons pas modifié le prix de notre offre, qui s'élève à 31 dollars par titre, soit un prix intéressant pour les actionnaires de cette société. Par ailleurs, les agences de rating ont précisé que la notation de cette société se dégraderait si cette opération de rachat n'avait pas lieu.

Vous semblez optimistes sur les perspectives de l'épargne-retraite.Avez-vous des informations sur la date de parution des textes ?

Henri de CASTRIES

D'une manière générale, nos résultats sont positifs sur l'épargne-retraite et sur l'assurance-vie, grâce à l'amélioration de la situation des marchés financiers, à la reprise économique et à la qualité de nos produits.

François PIERSON

En France nous disposons d'excellents réseaux de distribution : nous avons 8 000 commerciaux, capables de délivrer de bons conseils aux clients. Les offres de ce marché seront relativement complexes, la qualité du réseau sera donc décisive. Ceci étant, nous ignorons à quelle date ces nouveaux produits seront concrètement mis en place.

Vous nous avez expliqué que la faiblesse du dollar avait pénalisé le Groupe en 2003. Pour faire face à ce type de risque, avez-vous l'intention, à moyen terme, d'accélérer votre développement dans la zone euro ?

Henri de CASTRIES

D'une manière générale, notre stratégie est de nous développer dans les pays où la croissance économique est importante, c'est-à-dire plutôt dans la zone dollar. L'évolution des taux de change peut s'avérer erratique à court terme, mais elle est généralement plus équilibrée à long terme. Ainsi, l'évolution des taux de change à court terme ne constitue pas un élément déterminant de notre stratégie industrielle.

D'après la présentation que nous venons d'entendre, votre stratégie consiste à rester concentrés sur la protection financière. Pourtant, vous avez développé AXA Banque. Quelle est votre stratégie à long terme dans ce domaine ?

Henri de CASTRIES

Notre analyse est la suivante. L'activité du Groupe consiste à concevoir des produits et à gérer des réseaux de distribution. Pour développer nos activités, nous n'avons pas besoin d'acheter de grands ensembles bancaires, dont les métiers sont différents du nôtre. Nous pouvons tout à fait distribuer nos produits dans des réseaux bancaires dont nous ne sommes pas propriétaires.Nous avons démontré l'efficacité d'une telle stratégie, en particulier sur le marché américain.

Toutefois, nous pouvons avoir des plates-formes bancaires techniques limitées qui nous permettent d'offrir à nos clients des produits bancaires complémentaires : c'est le cas d'AXA Banque. Je tiens à signaler que nous nous avons acquis AXA Banque pour la somme de 60 millions d'euros, soit une dépense tout à fait raisonnable au regard du nombre de clients d'AXA en France.

Comment comptez-vous améliorer la profitabilité de l'assurance-vie en Allemagne ?

Denis DUVERNE

En Allemagne, le rendement versé aux assurés est déterminé avec un an d'avance. Dans ces conditions, il nous a semblé prudent de fixer ces taux en fonction des rendements que nous pouvons obtenir sur les marchés financiers. Nous avons donc réduit ces taux de façon significative pour 2004.

Par ailleurs, les taux étant garantis à l'avance, il est nécessaire de mettre en oeuvre une allocation d'actifs assez conservatrice, plutôt centrée sur les obligations. Dans cette optique, nous avons révisé notre allocation d'actifs sur notre filiale allemande.

Enfin, nous souhaitons développer la vente en produits en unités de compte : lorsqu'il s'agit d'actions, l'espérance de rendement de ces produits est plus importante pour le client, alors que l'assureur ne prend pas de risque sur ses fonds propres.

Claude BRUNET

Sur l'Allemagne, nous avons réalisé des efforts importants en matière de réduction des dépenses, ce qui a contribué à l'amélioration de la rentabilité. Depuis septembre 2001, nous avons obtenu une réduction des coûts fixes de l'ordre de 12 % de la base de dépenses. Nous allons poursuivre cette politique de réduction des coûts, en nous focalisant désormais sur les coûts unitaires plutôt que sur les coûts fixes, afin de ne pas limiter notre potentiel de croissance.

Pourquoi avoir choisi de passer des provisions pour dépréciation durable et non des provisions pour risque d'exigibilité ? Il me semble que ces dernières vous auraient permis d'étaler davantage la charge dans le temps.

Denis DUVERNE

D'après les autorités comptables, la provision pour risque d'exigibilité est uniquement prudentielle et n'est pas justifiée économiquement. La réglementation nous a imposé de passer une provision pour risque d'exigibilité à hauteur de 47 millions d'euros en 2002. En 2003, le Conseil national de la comptabilité a considéré que la provision pour risque d'exigibilité n'avait pas lieu d'être dans les comptes consolidés et nous avons pu reprendre la provision constituée en 2002.

En revanche, la provision pour dépréciation durable est nécessaire d'un point de vue économique.

Votre stratégie de maîtrise des coûts peut-elle être poursuivie, dans la mesure où vous avez déjà opéré des réductions de coûts significatives ?

Henri de CASTRIES

La réduction des coûts n'est jamais terminée. Il est impossible de construire une compétitivité à long terme sans réduire constamment les coûts de revient, quel que soit le secteur industriel concerné. Nous poursuivrons donc cette politique.Désormais, nous travaillerons davantage sur la réduction des coûts unitaires que sur la diminution des coûts fixes.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez passé des provisions pour dépréciation sur le portefeuille obligataire ?

Denis DUVERNE

Nous avons effectivement constitué, en 2003, 166 millions d'euros de provisions pour dépréciation durable sur les obligations, principalement aux Etats-Unis. En effet, le marché obligataire corporate aux Etats-Unis a traversé une période troublée en 2002, qui s'est poursuivie au début de l'année 2003. Compte tenu de la composition de notre portefeuille et des méthodes de provisionnement pratiquées pour les obligations corporate à haut rendements (high yields), il était logique que nous passions des provisions pour dépréciation durable sur les obligations. Du fait de l'amélioration de la conjoncture économique, nous pensons que ce niveau de provision pourra être progressivement réduit.

Pourtant, il n'est pas habituel de passer des provisions sur les obligations.

Denis DUVERNE

Dans nos comptes en normes françaises, nous avons adopté les mêmes pratiques que dans les comptes en normes américaines : si les obligations corporate restent en moins-value pendant plus de douze mois, nous constituons une provision pour dépréciation durable.

Henri de CASTRIES

Il me semble que la qualité de nos résultats techniques est à même de rassurer nos actionnaires. D'une manière générale, les bonnes performances du titre AXA sur les derniers mois nous indiquent que la plupart de nos actionnaires ne sont pas inquiets.

Quel est le montant des plus-values que vous pensez dégager l'année prochaine et les années suivantes ?

Denis DUVERNE

Nous constatons que nous sommes aujourd'hui en plus-value latente.L'évolution du marché étant satisfaisante depuis le début de l'année, nous devrions, en principe, réaliser des plus-values en 2004. Nous ne souhaitons pas vous communiquer de chiffres quant au montant de ces plus-values.

Quelle est votre stratégie en Chine ?

Henri de CASTRIES

Nous disposons de deux licences en assurance-vie en Chine, une à Shanghai et une à Canton. A l'heure actuelle, nous nous efforçons de développer notre force de vente. La Chine est un marché tout à fait important pour l'avenir. Aujourd'hui, notre taux de croissance en Chine est important, même s'il s'agit pour l'instant d'opérations de taille limitée.

Nous savons que notre implantation en Chine sera difficile ; nous sommes actuellement en phase d'apprentissage. Jusqu'en 2002, nous ne parvenions pas à atteindre nos objectifs de développement. En 2003, nous avons dépassé nos objectifs et le démarrage de l'activité à Canton semble prometteur.

Pour vous, le redressement d'AXA RE est-il achevé ? Quelle est votre stratégie dans ce domaine ?

Henri de CASTRIES

Sur AXA RE, notre priorité était de redresser les résultats sur le plan opérationnel. Nous avons obtenu un redressement tout à fait significatif, mais nous pensons qu'il existe encore des marges de progression et que les résultats peuvent continuer à s'améliorer.

Nous n'avons pas modifié notre stratégie, qui consistait à redresser cette activité sans y consacrer de fonds propres supplémentaires.Cette stratégie s'est avérée efficace.

En 2002, les comptes publiés en France et aux Etats-Unis aboutissaient à des résultats très différents. Ce phénomène se produira-t-il également en 2003 ?

Denis DUVERNE

Nous ne donnerons pas aujourd'hui notre résultat en normes américaines ; nos comptes américains seront déposés en juin prochain. D'une manière générale, les règles de provisionnement pour les actions sont différentes sur les deux marchés. En conséquence, notre résultat en US GAAP sera supérieur, en 2003, à notre résultat en normes françaises, contrairement à ce qui s'est produit en 2002.

Henri de CASTRIES

Merci à tous pour votre participation.