Gestion des risques

1) Mutualisation des risques

Le risque est la matière première du Groupe AXA. Le métier d'assureur consiste à prendre à son compte les risques des clients, puis à les "transformer" de différentes façons. Le Groupe peut assumer les risques lui-même, en les diversifiant - en les associant à d'autres risques pour les mutualiser -, ou les transférer à des acteurs externes comme les réassureurs ou les marchés financiers via la titrisation.

En s'appliquant à l'ensemble des domaines d'activité du Groupe (assurance-vie, dommages, gestion d'actifs), ce processus de transformation figure au coeur du modèle de gestion du Groupe. Il s'agit de mieux comprendre et mesurer le risque pour le gérer de façon maîtrisée, responsable et rentable sur le long terme, se situant délibérément dans une optique de développement durable.

2) AXA Group Risk Management

Au sein de la Direction Financière, le Group Risk Management (GRM) a pour objectif l'identification, la quantification et la gestion des principaux risques auxquels le Groupe est exposé. Il ne s'agit pas d'empêcher mais plutôt de faciliter la prise de risque dans une optique d'arbitrage risque / rentabilité. Pour ce faire, des méthodes et des outils de mesure et de suivi sont développés et déployés par le GRM. Ceux-ci s'appliquent à l'ensemble des domaines d'activité d'AXA (assurance-vie, assurance dommages et santé, gestion d'actifs).

Du point de vue du Groupe, ces travaux permettent de proposer une gestion optimale de ses risques et de contribuer, d'une part à la diminution de la volatilité des résultats grâce à la fixation de normes conduisant à une meilleure appréciation de toutes les dimensions des risques pris et, d'autre part, à une optimisation des fonds propres alloués par le Groupe à ses différentes activités.

Les principales missions du GRM sont :

  • Evaluer et approcher le risque de manière cohérente dans tout le Groupe
  • Mettre en oeuvre des processus de contrôle appropriés
  • Optimiser les activités de prise de risque (exploitation de l'effet de diversification) et les activités de transfert du risque (réassurance et titrisation)
  • Diffuser la culture du risque, en particulier par des outils opérationnels adéquats et l'éducation au risque

Le GRM est coordonné par une équipe centrale de 65 experts, laquelle est relayée par des équipes de Risk Management locales dans chaque entité opérationnelle du Groupe (environ 250 experts).

Risk management colleges

La diffusion d'une culture de gestion du risque au sein de Groupe est essentielle, car la "dimension risque" doit faire partie intégrante de l'entreprise. Pour en avoir une bonne compréhension, il faut disposer des bons indicateurs : données financières, statistiques, etc. - c'est ce qui permettra de prendre les bonnes décisions. Les collaborateurs qui gèrent le risque doivent s'imprégner d'une véritable culture. Qu'ils soient actuaires, financiers ou spécialistes de la tarification, tous doivent avoir une "longueur d'avance" sur la concurrence. C'est dans cette optique qu'AXA a lancé le Risk Management Professional College en collaboration avec AXA Université. Conçu en partenariat avec des professeurs de grandes universités, ce dispositif formera de 800 à 1200 collaborateurs entre 2006 et 2010. 

3) La gestion des risques : un outil créateur de valeur

Le risk management a un impact direct sur l'activité du Groupe. Il permet d'optimiser la répartition des fonds propres, de ne pas les mobiliser inutilement et de les allouer là où la prise de risque est la mieux rémunérée. Loin de décourager la prise de risque, le GRM est un facilitateur d'affaires : dans la mesure où il permet d'identifier et de quantifier les risques, il contribue à définir de nouvelles opportunités et à proposer de nouveaux produits avec des risques maîtrisés, une tarification optimale et donc un meilleur positionnement sur le marché. Il y a une relation constante entre risk management et innovation produit.

Enfin, le risk management permet de tirer parti du caractère international et « multi activités » du Groupe. En répartissant les risques pris à l'échelle mondiale, le Groupe peut ainsi prendre plus de risques localement sans pour autant être plus exposé globalement. Grâce à cette approche, les fonds propres nécessaires pour couvrir tous les besoins du Groupe sont nettement inférieurs à la somme des besoins de chacune de ses filiales. C'est la gestion optimale du capital économique de Groupe AXA.

4) Les risques émergents

Le principe de la mutualisation des risques demeure applicable aux « risques émergents ». Le secteur de l'assurance a dû en effet faire face au cours de ces dernières années aux impacts financiers de nouveaux risques : problèmes environnementaux, tels que le changement climatique, mais également risques sociaux et de gouvernance d'entreprise. Le développement durable entraîne de nouveaux enjeux que la gestion des risques doit traiter, tels que des risques sociaux, environnementaux ou de gouvernance, locaux ou à échelle internationale. Ces risques émergents sont divers et difficiles à évaluer en utilisant les techniques traditionnelles de gestion des risques. Les mécanismes de souscription ne diffèrent cependant pas : une couverture est possible en présence d'aléa et de données historiques. Le secteur de l'assurance a toujours eu pour objectif d'intégrer et de couvrir les risques émergents, depuis la sécurité maritime, incendie, routière et le SIDA, jusqu'aux nanotechnologies et au changement climatique. L'activité d'AXA consiste à aider ses clients à identifier et estimer correctement le coût de ces risques émergents.

Ainsi le développement durable offre de nouvelles opportunités pour le secteur de l'assurance, aussi bien dans les marchés traditionnels qui bénéficient d'une mise en lumière particulière, qu'émergents pour lesquels l'innovation produit est essentielle.

Fondation du risque

Il existe des formations spécialisées en télécommunication, en aéronautique... mais pas d'école du risque. C'est à partir de ce constat qu'est née, en 2006, la Fondation du risque. Créée à l'issue d'une réflexion collective à laquelle le Groupe a largement contribué, celle-ci est soutenue par quatre entreprises : AXA, AGF, Groupama et la Société Générale (compagnies d'assurance et bancaire). Objectif : développer un pôle de formation et de recherche dans le domaine de la gestion des risques financiers et industriels. Dans un premier temps, des postes d'enseignement et de recherche au niveau international ont été créés en partenariat avec de grandes écoles françaises : Polytechnique, l'ENSAE, Paris-Dauphine et le Centre d'études actuarielles. AXA est associé au thème "Assurance et risques majeurs" - cataclysmes, conflits internationaux, etc. Au total, ces entreprises apporteront quelques 6,5 millions d'euros à Dauphine, sur cinq ans.

5) Gestion de la Continuité des Activités (Business Continuity Management)

La mise en place d'un plan de gestion de la continuité des activités (BCM), en cas de crise majeure pouvant mener à une interruption de service importante, est devenue une exigence opérationnelle tant pour les institutions financières que pour les actionnaires, devenus très attentifs à cette problématique - comme pour tout risque opérationnel, les entreprises se doivent d'évaluer les impacts potentiels d'une interruption d'activité et les comparer aux coûts des mesures à prendre pour les réduire à un niveau acceptable. Le BCM est également devenu un facteur de différenciation positive pour les parties prenantes.

Au sein d'un groupe de l'envergure d'AXA, le Processus BCM requiert une solide structure de gouvernance et une appropriation effective par toutes les Directions des entités.

Depuis 1997, le Groupe a entrepris une série de mesures destinées à améliorer sa capacité à poursuivre ses activités en cas de crise majeure. Un audit effectué en 2000 et une auto-évaluation faite en 2002 ont contribué à améliorer la sensibilisation sur le sujet au sein du Groupe. En 2003, un audit général a été réalisé afin d'évaluer les capacités de continuité de chacune des entités. Les résultats ont mis en évidence que certaines d'entre elles avaient besoin d'améliorer leur capacité à réagir et à survivre à un incident mettant en danger leurs activités. Un programme BCM Groupe a été créé en 2003 afin de guider les entités dans leurs efforts et leurs fournir des standards, une méthodologie et une assistance dans ce domaine. Le Programme BCM Groupe a ensuite été lancé au niveau mondial en 2004.

Le Programme BCM est un sujet transversal dont l'objectif est de minimiser l'impact d'un incident majeur ou mineur sur un ou plusieurs processus critiques ou sur des ressources (humaines et matérielles). Le BCM définit les processus de continuité des activités, mais aussi les solutions de secours, les procédures et les aspects organisationnels qui en découlent. 

Une méthodologie, un processus, des sites Intranet, des programmes de formation ainsi que des travaux de coordination sont fournis aux entités par l'équipe du programme BCM Groupe. Le niveau de maturité BCM est dorénavant intégré aux scorecards des Directeurs généraux.